Alain Madelin a été député d’Ille-et-Vilaine et ministre de l’Industrie, des Entreprises puis de l’Économie. Président de Démocratie libérale de 1997 à 2002, il a obtenu 3,91 % des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle de 2002.[1][6]
Son parcours politique
Il rejoint les Républicains indépendants puis l’UDF. Ministre de l’Industrie dans le gouvernement Chirac de 1986, il participe à une période de privatisations et de déréglementation. Il quitte le gouvernement Juppé en 1995 après un désaccord sur la réforme de la protection sociale.[1]
Sa candidature présidentielle de 2002 constitue l’expression la plus complète de son libéralisme politique. Elle défend une réduction du périmètre économique de l’État, une fiscalité plus faible, davantage de choix individuels et une Europe intégrée recentrée sur des compétences communes.[2]
Ses positions politiques
Économie
Alain Madelin veut réduire les impôts, les cotisations et les réglementations qui limitent selon lui l’embauche, l’investissement et la création d’entreprise. Son programme de 2002 proposait une forte baisse de l’impôt sur le revenu, l’assouplissement du droit du travail et la poursuite des privatisations.[2]
Il défend également une plus grande liberté de choix dans la protection sociale, avec une place accrue à l’épargne, à l’assurance et à la concurrence entre prestataires.[2] L’État conserverait des fonctions de garantie et de solidarité, mais financerait moins directement la production et les services marchands.
Libertés publiques
Son libéralisme ne se limite pas à l’économie. Le programme de 2002 met en avant la vie privée, les droits de la défense, la liberté d’expression et la limitation des fichiers et de la surveillance publics.[2] Madelin présente ces garanties comme des protections de l’individu contre l’arbitraire administratif.
Il défend toutefois une justice pénale plus rapide et une exécution plus certaine des peines.[2] Cette combinaison associe extension de garanties procédurales et exigence d’autorité, sans supprimer la tension possible entre efficacité policière et protection des libertés.
Immigration
Madelin proposait une immigration légale organisée par quotas, définis selon les besoins économiques et les capacités d’accueil.[2][4] Il souhaitait faciliter l’entrée de travailleurs qualifiés, d’étudiants et d’entrepreneurs tout en renforçant la lutte contre l’immigration irrégulière.
Cette ligne est sélective plutôt que fermée : elle reconnaît un apport possible de l’immigration, mais confie à la puissance publique la fixation de volumes et de critères.[4] L’intégration devait reposer sur la langue, le travail et l’adhésion aux règles communes.
Union européenne
Alain Madelin a soutenu la monnaie unique, le marché intérieur et l’élargissement de l’Union.[2][5] Il souhaitait un Parlement européen plus fort et des institutions capables de décider dans les domaines où l’action commune est plus efficace.
Son projet européen reste libéral et subsidiaire : concurrence et libre circulation à l’échelle du continent, mais limitation de l’harmonisation réglementaire lorsqu’elle peut être décidée nationalement.[2] Il se distingue ainsi des souverainistes de droite comme des partisans d’une centralisation administrative européenne étendue.
Une référence libérale française
Bien qu’il se soit retiré de la vie électorale après 2007, Alain Madelin demeure une référence doctrinale pour les courants qui défendent la concurrence, la baisse des prélèvements et la limitation de l’État économique. Sa candidature de 2002 a donné à cette orientation une expression politique nationale cohérente.[2]
