Bruno Retailleau est sénateur de la Vendée et président des Républicains.[1][2] Ancien ministre de l’Intérieur, il a annoncé sa candidature à la présidentielle en février 2026, avant d’être désigné par les adhérents de son parti en avril.[3]
De la Vendée au Sénat, au ministère et à la direction de LR
Proche de Philippe de Villiers au début de sa carrière, Bruno Retailleau a été député, président du conseil général de la Vendée puis président du conseil régional des Pays de la Loire. Élu sénateur en 2004, il a présidé le groupe Les Républicains du Sénat de 2014 à 2024.[1]
Il a rejoint le gouvernement comme ministre de l’Intérieur en septembre 2024. Son exercice du ministère a placé l’immigration, la lutte contre le narcotrafic et le rétablissement de l’autorité au centre de son action. Il a ensuite pris la présidence des Républicains et retrouvé son mandat au Sénat.[1][2]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : baisse des prélèvements et valorisation du travail
Bruno Retailleau défend une réduction simultanée des impôts de production, de la fiscalité sur les revenus du travail et des droits de succession. Lors de la campagne interne de 2022 pour la présidence de LR, il proposait de répartir les économies budgétaires entre baisse de la dette et baisse des impôts, avec une diminution du nombre de normes pesant sur les entreprises.[6]
Son projet lie les prestations sociales à une obligation accrue d’activité et veut que le revenu du travail demeure supérieur aux aides. Les Républicains proposent de défiscaliser davantage les heures supplémentaires, d’alléger les cotisations salariales et de conditionner le RSA à quinze heures hebdomadaires d’activité.[4][5]
Pour la production, son parti défend l’énergie nucléaire, la simplification des procédures d’implantation industrielle, la préférence européenne dans les marchés publics et une pause dans les normes environnementales qui affectent la compétitivité.[14]
Libertés publiques : ordre, politique pénale et contrôle du juge
Comme ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau a demandé aux préfets de concentrer l’action des forces de l’ordre sur les trafics de stupéfiants, les violences contre les personnes et les atteintes aux agents publics. Il a défendu des peines minimales pour les agresseurs de policiers et de gendarmes ainsi qu’une augmentation des places de prison.[11]
La proposition de loi sénatoriale dont il était coauteur sur la justice des mineurs prévoyait de faciliter le placement en centre éducatif fermé, de sanctionner les parents qui se soustraient à leurs obligations et d’élargir, pour les récidivistes âgés d’au moins 16 ans, les cas dans lesquels l’atténuation de peine liée à la minorité peut être écartée.[9]
En 2024, il s’est opposé à l’inscription dans la Constitution de la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. Il a annoncé des amendements visant à supprimer cette inscription ou, à défaut, à mentionner explicitement dans la Constitution la clause de conscience des professionnels de santé ; ces amendements n’ont pas été retenus par le Congrès.[16]
Immigration : référendum, restrictions et éloignements
Bruno Retailleau propose un référendum permettant au Parlement de fixer chaque année des plafonds d’entrée par motif. La proposition constitutionnelle qu’il a cosignée en 2023 voulait aussi autoriser la loi nationale à déroger à certains engagements européens en matière migratoire et étendre le champ du référendum de l’article 11.[7][8]
Cette révision de l’article 55 ferait primer, dans l’ordre juridique interne, certaines lois nationales sur des engagements européens ou internationaux en matière migratoire. Elle ne supprimerait toutefois pas les obligations internationales de la France.[8][17]
Les textes portés par LR prévoient de restreindre le regroupement familial et l’accès aux prestations non contributives, de remplacer l’aide médicale de l’État par une aide d’urgence, de durcir l’acquisition de la nationalité et de faciliter le retrait des titres de séjour en cas de menace grave pour l’ordre public.[8][13]
Au ministère de l’Intérieur, Retailleau a abrogé la circulaire Valls de 2012 sur les régularisations. Sa circulaire de janvier 2025 a demandé aux préfets de traiter l’admission exceptionnelle au séjour comme une exception, d’exiger en principe sept ans de présence pour les motifs de vie privée et familiale et de vérifier plus strictement l’intégration et la maîtrise du français.[12]
Union européenne : subsidiarité, frontières et puissance industrielle
Bruno Retailleau défend une Union européenne recentrée sur les compétences que les États ne peuvent exercer efficacement seuls. Il refuse une évolution fédérale et veut restituer certaines compétences aux nations, sans proposer de quitter l’Union européenne ou la monnaie unique.[15]
Le programme de LR aux européennes de 2024 demandait une politique industrielle et commerciale commune, une préférence européenne dans la commande publique et des mesures de réciprocité face aux concurrents subventionnés. Il soutenait le marché intérieur, le nucléaire et un allégement des normes issues du Pacte vert.[14]
Pour les frontières communes, la même plateforme proposait d’augmenter les effectifs et les pouvoirs de Frontex, de traiter l’asile aux frontières extérieures et de conditionner davantage les visas à la coopération des pays d’origine. Sur la défense, elle privilégiait les coopérations entre États et l’autonomie militaire de la France plutôt qu’une armée européenne intégrée.[14]
Le candidat désigné par Les Républicains
Après sa déclaration de candidature de février 2026, les adhérents des Républicains ont désigné Bruno Retailleau en avril.[3] Cette investiture partisane ne remplace pas la présentation de 500 élus ni la validation ultérieure de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel.
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