Né en 1927 à Grasse et mort en 2015 à Suresnes, Charles Pasqua a été l’une des principales figures du gaullisme d’ordre et du souverainisme français. Président du conseil général des Hauts-de-Seine, sénateur et ministre de l’Intérieur de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1995, il a fait de la sécurité, de l’immigration et de l’indépendance nationale ses thèmes majeurs.[1]
Son parcours politique
Ancien résistant puis cadre chez Ricard, Pasqua participe à la création du Service d’action civique et à l’organisation du mouvement gaulliste. Il devient sénateur des Hauts-de-Seine en 1977, dirige le groupe RPR au Sénat et joue un rôle important dans les campagnes de Jacques Chirac.[1]
À l’Intérieur, il porte des réformes antiterroristes, sécuritaires et migratoires.[4][6][7][8] Son opposition au traité de Maastricht l’éloigne ensuite de la direction du RPR. En 1999, il fonde avec Philippe de Villiers une liste souverainiste pour les élections européennes, puis tente de se présenter à l’élection présidentielle de 2002 sans réunir les parrainages nécessaires.[9][12]
Ses positions politiques
Économie
Pasqua défend une économie de marché soutenue par une puissance publique soucieuse de l’indépendance nationale. Il souhaite favoriser la création d’entreprises et l’investissement dans les territoires, et critique les 35 heures obligatoires au profit d’une organisation du travail plus flexible.[1][2]
Cette orientation ne correspond pas à un retrait général de l’État. La loi d’aménagement du territoire de 1995 organise une planification nationale des infrastructures, des services et du développement local afin de réduire les écarts entre régions.[3] Son économie politique combine donc soutien à l’initiative privée, instruments publics et priorité donnée à la cohésion du territoire.
Libertés publiques
Pasqua place la sécurité au premier rang des missions de l’État. La loi antiterroriste de 1986 spécialise les poursuites et le jugement de ces infractions et renforce les procédures d’enquête correspondantes.[4][5]
La loi d’orientation de 1995 étend le cadre légal de la vidéosurveillance dans l’espace public et donne davantage de moyens aux forces de sécurité.[6] Pasqua a également voté contre l’abolition de la peine de mort en 1981 et soutenu son rétablissement pour certains crimes.[1] Cette ligne privilégie nettement l’autorité, la surveillance et la sanction par rapport à la réduction des pouvoirs coercitifs.
Immigration
Comme ministre de l’Intérieur, Pasqua porte deux réformes majeures. La loi de 1986 durcit les conditions d’entrée et de séjour et facilite certaines expulsions ; celle de 1993 renforce de nouveau les contrôles, les procédures d’éloignement et les conditions du regroupement familial.[7][8]
Son projet de 2002 propose des quotas d’immigration et un retour au modèle de l’assimilation républicaine.[9] Il refuse une logique de libre installation et entend subordonner les admissions aux choix de l’État et aux capacités d’intégration nationales.
Union européenne
Pasqua fait campagne pour le non au traité de Maastricht en 1992 avec Philippe Séguin. Il estime que la monnaie unique et l’élargissement des compétences communautaires retirent aux citoyens français la maîtrise de décisions politiques essentielles.[10]
Il combat ensuite le traité d’Amsterdam et demande que sa ratification soit soumise à référendum.[11] Aux européennes de 1999, la liste conduite avec Philippe de Villiers défend une coopération entre nations souveraines plutôt qu’un pouvoir fédéral européen.[12]
Une figure du gaullisme d’ordre
Charles Pasqua a incarné un gaullisme centré sur l’autorité de l’État, la souveraineté nationale et la maîtrise des frontières. Son action a durablement marqué le droit français de la sécurité et de l’immigration, tandis que son opposition à Maastricht a contribué à structurer le souverainisme de droite des années 1990.
