Portrait de Charles Pasqua

Responsable politique historique

Charles Pasqua : parcours et positions politiques

Ministre de l’Intérieur à deux reprises et fondateur du Rassemblement pour la France, Charles Pasqua associait autorité de l’État, contrôle strict de l’immigration, souverainisme européen et politique économique favorable à l’entreprise sans renoncer à l’intervention publique.

Période
1927–2015
Cadre politique
France · gaullisme et souverainisme · ancien ministre de l’Intérieur
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie4Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Pasqua défendait l’initiative économique et proposait d’assouplir les 35 heures afin de laisser davantage de latitude aux entreprises.

    DéclarationSource 2
  • Il soutenait des mesures en faveur de la création et de l’implantation d’entreprises, notamment dans les territoires en difficulté.

    PropositionSources 12
  • La loi d’aménagement du territoire de 1995 qu’il a portée organisait une intervention nationale de long terme pour corriger les déséquilibres territoriaux.

    LoiSource 3
Libertés publiques-3Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • La loi antiterroriste de 1986 portée lorsqu’il était ministre a installé une procédure judiciaire spécialisée et renforcé les moyens d’enquête applicables aux infractions terroristes.

    LoiSources 45
  • La loi d’orientation sur la sécurité de 1995 a élargi le cadre légal de la vidéosurveillance dans les espaces publics et les lieux ouverts au public.

    LoiSource 6
  • Opposé à l’abolition de la peine de mort en 1981, Pasqua a ensuite cosigné une proposition visant à la rétablir pour certains crimes.

    Bilan politiqueSource 1
Immigration-6Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • La loi du 9 septembre 1986 a durci les conditions d’entrée et de séjour et facilité certaines reconduites à la frontière.

    LoiSource 7
  • La loi du 24 août 1993 a de nouveau renforcé le contrôle du séjour, de l’éloignement et du regroupement familial.

    LoiSource 8
  • Dans son projet présidentiel de 2002, Pasqua proposait des quotas d’immigration et privilégiait l’assimilation au modèle républicain.

    ProgrammeSource 9
Union européenne-5Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Avec Philippe Séguin, Pasqua a conduit la campagne du non au traité de Maastricht en 1992 au nom de la souveraineté nationale.

    DéclarationSource 10
  • En 1998, il demandait un référendum pour ratifier le traité d’Amsterdam et s’opposait aux nouveaux transferts de compétences vers l’Union européenne.

    DéclarationSource 11
  • La liste Pasqua–de Villiers de 1999 défendait une Europe de nations coopérant librement plutôt qu’une fédération supranationale.

    ProgrammeSource 12

Né en 1927 à Grasse et mort en 2015 à Suresnes, Charles Pasqua a été l’une des principales figures du gaullisme d’ordre et du souverainisme français. Président du conseil général des Hauts-de-Seine, sénateur et ministre de l’Intérieur de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1995, il a fait de la sécurité, de l’immigration et de l’indépendance nationale ses thèmes majeurs.[1]

Son parcours politique

Ancien résistant puis cadre chez Ricard, Pasqua participe à la création du Service d’action civique et à l’organisation du mouvement gaulliste. Il devient sénateur des Hauts-de-Seine en 1977, dirige le groupe RPR au Sénat et joue un rôle important dans les campagnes de Jacques Chirac.[1]

À l’Intérieur, il porte des réformes antiterroristes, sécuritaires et migratoires.[4][6][7][8] Son opposition au traité de Maastricht l’éloigne ensuite de la direction du RPR. En 1999, il fonde avec Philippe de Villiers une liste souverainiste pour les élections européennes, puis tente de se présenter à l’élection présidentielle de 2002 sans réunir les parrainages nécessaires.[9][12]

Ses positions politiques

Économie

Pasqua défend une économie de marché soutenue par une puissance publique soucieuse de l’indépendance nationale. Il souhaite favoriser la création d’entreprises et l’investissement dans les territoires, et critique les 35 heures obligatoires au profit d’une organisation du travail plus flexible.[1][2]

Cette orientation ne correspond pas à un retrait général de l’État. La loi d’aménagement du territoire de 1995 organise une planification nationale des infrastructures, des services et du développement local afin de réduire les écarts entre régions.[3] Son économie politique combine donc soutien à l’initiative privée, instruments publics et priorité donnée à la cohésion du territoire.

Libertés publiques

Pasqua place la sécurité au premier rang des missions de l’État. La loi antiterroriste de 1986 spécialise les poursuites et le jugement de ces infractions et renforce les procédures d’enquête correspondantes.[4][5]

La loi d’orientation de 1995 étend le cadre légal de la vidéosurveillance dans l’espace public et donne davantage de moyens aux forces de sécurité.[6] Pasqua a également voté contre l’abolition de la peine de mort en 1981 et soutenu son rétablissement pour certains crimes.[1] Cette ligne privilégie nettement l’autorité, la surveillance et la sanction par rapport à la réduction des pouvoirs coercitifs.

Immigration

Comme ministre de l’Intérieur, Pasqua porte deux réformes majeures. La loi de 1986 durcit les conditions d’entrée et de séjour et facilite certaines expulsions ; celle de 1993 renforce de nouveau les contrôles, les procédures d’éloignement et les conditions du regroupement familial.[7][8]

Son projet de 2002 propose des quotas d’immigration et un retour au modèle de l’assimilation républicaine.[9] Il refuse une logique de libre installation et entend subordonner les admissions aux choix de l’État et aux capacités d’intégration nationales.

Union européenne

Pasqua fait campagne pour le non au traité de Maastricht en 1992 avec Philippe Séguin. Il estime que la monnaie unique et l’élargissement des compétences communautaires retirent aux citoyens français la maîtrise de décisions politiques essentielles.[10]

Il combat ensuite le traité d’Amsterdam et demande que sa ratification soit soumise à référendum.[11] Aux européennes de 1999, la liste conduite avec Philippe de Villiers défend une coopération entre nations souveraines plutôt qu’un pouvoir fédéral européen.[12]

Une figure du gaullisme d’ordre

Charles Pasqua a incarné un gaullisme centré sur l’autorité de l’État, la souveraineté nationale et la maîtrise des frontières. Son action a durablement marqué le droit français de la sécurité et de l’immigration, tandis que son opposition à Maastricht a contribué à structurer le souverainisme de droite des années 1990.

Sources et mises à jour
  1. Charles Pasqua — ancien sénateur des Hauts-de-Seine, Sénat. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. Interview sur les échéances électorales, les 35 heures et la création d’entreprises, Vie-publique.fr, publié le 26 septembre 1999. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. Loi du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire, Légifrance, publié le 5 février 1995. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. Loi du 9 septembre 1986 relative à la lutte contre le terrorisme, Légifrance, publié le 10 septembre 1986. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. La législation antiterroriste française depuis 1986, Assemblée nationale. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. Loi du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité, Légifrance, publié le 24 janvier 1995. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. Loi du 9 septembre 1986 relative aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France, Légifrance, publié le 12 septembre 1986. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. Loi du 24 août 1993 relative à la maîtrise de l’immigration et aux conditions d’entrée, d’accueil et de séjour des étrangers en France, Légifrance, publié le 29 août 1993. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. Programme présidentiel de Charles Pasqua : souveraineté, immigration et sécurité, Le Nouvel Obs, publié le 11 mars 2002. Consulté le 7 septembre 2026.
  10. Articles de Philippe Séguin et Charles Pasqua contre le traité de Maastricht, Vie-publique.fr, publié le 1er juillet 1992. Consulté le 7 septembre 2026.
  11. Déclaration en faveur d’un référendum sur le traité d’Amsterdam, Vie-publique.fr, publié le 5 novembre 1998. Consulté le 7 septembre 2026.
  12. Profession de foi de la liste RPFIE aux élections européennes de 1999, Archives électorales du CEVIPOF — Internet Archive, publié le 1er juin 1999. Consulté le 7 septembre 2026.