Portrait de D. Cohn-Bendit

Responsable politique contemporain

Daniel Cohn-Bendit : parcours et positions politiques

Figure de Mai 68 puis dirigeant écologiste au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit défend les libertés civiles, l’accueil des réfugiés, la transition écologique et une Europe explicitement fédérale.

Repère
Ancien coprésident du groupe Verts/ALE au Parlement européen
Cadre politique
France et Allemagne · écologiste · député européen de 1994 à 2014
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie-2Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Pendant la campagne européenne de 2009, Cohn-Bendit proposait un emprunt européen de 1 000 milliards d’euros pour financer la transformation écologique de l’économie.

    PropositionSource 2
  • Il proposait des agences de reconversion économique et un bouclier social européen pour accompagner les salariés touchés par cette transformation.

    PropositionSource 2
  • Cohn-Bendit accepte l’économie de marché mais demande qu’elle soit encadrée par des règles sociales et environnementales européennes.

    DéclarationSource 3
Libertés publiques8Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Au Parlement européen, Cohn-Bendit a soutenu l’égalité des couples de même sexe et la reconnaissance de leurs droits familiaux.

    Bilan politiqueSources 14
  • Au Parlement européen, il a soutenu la protection des libertés fondamentales, de la vie privée et des droits des minorités.

    Bilan politiqueSources 14
  • Sa trajectoire politique reste attachée à la liberté d’expression, de manifestation et aux mouvements issus de Mai 68.

    Bilan politiqueSource 5
Immigration8Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Cohn-Bendit présente le droit d’asile comme un droit humain et refuse qu’il soit subordonné à un quota global.

    DéclarationSource 6
  • Il a soutenu une répartition européenne des demandeurs d’asile et des voies légales d’accès à l’Union.

    DéclarationSources 67
  • Il défend des politiques d’intégration reposant sur l’école, le logement, l’emploi et l’apprentissage de la langue du pays d’accueil.

    DéclarationSource 7
Union européenne9Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Cohn-Bendit revendique explicitement la transformation de l’Union européenne en fédération.

    DéclarationSource 8
  • Il a coprésidé le groupe Verts/ALE et participé au groupe Spinelli, créé pour relancer le projet fédéral européen.

    Bilan politiqueSources 19
  • Il défend un budget, une politique étrangère et une capacité démocratique de décision renforcés à l’échelle européenne.

    DéclarationSources 38

Daniel Cohn-Bendit s’est fait connaître comme l’une des figures du mouvement étudiant de Mai 68. De nationalité allemande puis franco-allemande, il a ensuite construit l’essentiel de sa carrière élective au Parlement européen, où il a siégé de 1994 à 2014 alternativement pour les Verts allemands et français.[1]

Son parcours politique

Installé à Francfort après son expulsion de France en 1968, il participe au mouvement écologiste allemand puis devient adjoint au maire chargé des affaires multiculturelles. Au Parlement européen, il copréside le groupe des Verts/Alliance libre européenne et conduit la liste Europe Écologie en France en 2009.[1]

Sa ligne a évolué du radicalisme libertaire de Mai 68 vers un écologisme réformiste, favorable à l’économie de marché régulée et à l’intégration européenne. Elle combine autonomie individuelle, transition écologique, accueil des réfugiés et institutions européennes fédérales.[2][3]

Ses positions politiques

Économie

Cohn-Bendit ne défend pas la nationalisation générale de l’économie. Il accepte le marché et l’entreprise, mais veut soumettre leur fonctionnement à des objectifs sociaux et écologiques.[3] Pendant la campagne européenne de 2009, il proposait un emprunt commun de 1 000 milliards d’euros, des agences de reconversion économique et un bouclier social européen pour financer et accompagner la transformation écologique.[2]

Cette approche accroît l’intervention publique dans la fixation des règles, des prix environnementaux et des priorités d’investissement. Elle reste cependant distincte d’une économie administrée : l’innovation privée et la concurrence sont conservées dans un cadre européen régulé.

Libertés publiques

La défense de l’autonomie individuelle traverse sa trajectoire. Il soutient la liberté d’expression et de manifestation, les droits des personnes LGBT et l’égalité juridique des couples.[4][5] Au Parlement européen, son groupe a porté des résolutions contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.[4]

Cette culture libertaire donne la priorité à l’autonomie personnelle et à l’égalité des droits. Elle s’accompagne, dans son action européenne, d’une attention aux garanties de la vie privée et aux droits des minorités.[1][4]

Immigration

Cohn-Bendit défend une politique d’accueil plus ouverte et une responsabilité européenne commune. Il présente le droit d’asile comme un droit individuel qui ne peut être remplacé par un simple plafond numérique.[6]

Il soutient des voies d’accès légales, une répartition des demandeurs d’asile entre États membres et des politiques d’intégration par l’école, le logement, le travail et l’apprentissage de la langue.[6][7]

Union européenne

Son engagement européen est explicitement fédéraliste. Il a participé au groupe Spinelli, qui voulait dépasser les blocages intergouvernementaux et donner à l’Union une capacité politique autonome.[9]

En 2024 encore, il a plaidé avec Sylvie Goulard pour une fédération européenne avant de nouveaux élargissements.[8] Il défend un budget commun, une politique étrangère et de sécurité plus intégrée et un contrôle démocratique renforcé à l’échelle du Parlement européen.[3][8]

Une trajectoire franco-allemande et européenne

Daniel Cohn-Bendit occupe une place singulière dans l’écologie politique : acteur de deux espaces nationaux, il a fait du Parlement européen son principal lieu d’action. Son fédéralisme le distingue des écologistes qui privilégient la souveraineté nationale ou une coopération plus souple entre États.

Sources et mises à jour
  1. Daniel Cohn-Bendit — historique des mandats, Parlement européen. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. Cohn-Bendit propose un emprunt européen pour transformer l’économie, Le Taurillon — interview de Daniel Cohn-Bendit, publié le 27 mai 2009. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. Que faire ? Petit traité d’imagination politique à l’usage des Européens, Hachette Littératures, publié le 11 mars 2009. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. Résolution sur la lutte contre l’homophobie en Europe, Parlement européen, publié le 18 janvier 2006. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. Daniel Cohn-Bendit — une vie européenne, Heinrich Böll Stiftung. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. The right to asylum is not a numbers game, it is a human right, Green European Journal, publié le 1er mars 2016. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. We will manage — the challenge of integration, Green European Journal, publié le 18 novembre 2015. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. L’Europe fédérale ? Chiche !, Le Monde, publié le 11 avril 2024. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. The Spinelli Group launches its manifesto for a federal Europe, Parlement européen, publié le 14 février 2011. Consulté le 7 septembre 2026.