Daniel Cohn-Bendit s’est fait connaître comme l’une des figures du mouvement étudiant de Mai 68. De nationalité allemande puis franco-allemande, il a ensuite construit l’essentiel de sa carrière élective au Parlement européen, où il a siégé de 1994 à 2014 alternativement pour les Verts allemands et français.[1]
Son parcours politique
Installé à Francfort après son expulsion de France en 1968, il participe au mouvement écologiste allemand puis devient adjoint au maire chargé des affaires multiculturelles. Au Parlement européen, il copréside le groupe des Verts/Alliance libre européenne et conduit la liste Europe Écologie en France en 2009.[1]
Sa ligne a évolué du radicalisme libertaire de Mai 68 vers un écologisme réformiste, favorable à l’économie de marché régulée et à l’intégration européenne. Elle combine autonomie individuelle, transition écologique, accueil des réfugiés et institutions européennes fédérales.[2][3]
Ses positions politiques
Économie
Cohn-Bendit ne défend pas la nationalisation générale de l’économie. Il accepte le marché et l’entreprise, mais veut soumettre leur fonctionnement à des objectifs sociaux et écologiques.[3] Pendant la campagne européenne de 2009, il proposait un emprunt commun de 1 000 milliards d’euros, des agences de reconversion économique et un bouclier social européen pour financer et accompagner la transformation écologique.[2]
Cette approche accroît l’intervention publique dans la fixation des règles, des prix environnementaux et des priorités d’investissement. Elle reste cependant distincte d’une économie administrée : l’innovation privée et la concurrence sont conservées dans un cadre européen régulé.
Libertés publiques
La défense de l’autonomie individuelle traverse sa trajectoire. Il soutient la liberté d’expression et de manifestation, les droits des personnes LGBT et l’égalité juridique des couples.[4][5] Au Parlement européen, son groupe a porté des résolutions contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.[4]
Cette culture libertaire donne la priorité à l’autonomie personnelle et à l’égalité des droits. Elle s’accompagne, dans son action européenne, d’une attention aux garanties de la vie privée et aux droits des minorités.[1][4]
Immigration
Cohn-Bendit défend une politique d’accueil plus ouverte et une responsabilité européenne commune. Il présente le droit d’asile comme un droit individuel qui ne peut être remplacé par un simple plafond numérique.[6]
Il soutient des voies d’accès légales, une répartition des demandeurs d’asile entre États membres et des politiques d’intégration par l’école, le logement, le travail et l’apprentissage de la langue.[6][7]
Union européenne
Son engagement européen est explicitement fédéraliste. Il a participé au groupe Spinelli, qui voulait dépasser les blocages intergouvernementaux et donner à l’Union une capacité politique autonome.[9]
En 2024 encore, il a plaidé avec Sylvie Goulard pour une fédération européenne avant de nouveaux élargissements.[8] Il défend un budget commun, une politique étrangère et de sécurité plus intégrée et un contrôle démocratique renforcé à l’échelle du Parlement européen.[3][8]
Une trajectoire franco-allemande et européenne
Daniel Cohn-Bendit occupe une place singulière dans l’écologie politique : acteur de deux espaces nationaux, il a fait du Parlement européen son principal lieu d’action. Son fédéralisme le distingue des écologistes qui privilégient la souveraineté nationale ou une coopération plus souple entre États.
