Emmanuel Macron est président de la République depuis mai 2017. Ancien inspecteur des finances, banquier d’affaires puis secrétaire général adjoint de l’Élysée, il a été ministre de l’Économie de 2014 à 2016 avant de fonder En Marche et de remporter l’élection présidentielle de 2017. Il a été réélu en 2022.[1]
Son parcours politique
Son premier quinquennat a été marqué par la réforme du droit du travail, la transformation de la fiscalité du capital, la crise des « gilets jaunes », la pandémie de Covid-19 et le lancement d’un plan de relance. La majorité présidentielle a perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale en 2022, puis la dissolution décidée en juin 2024 a conduit à une chambre sans majorité stable.
Sa pratique du pouvoir repose sur un exécutif fortement centralisé et sur l’usage des instruments de la Ve République. Ses gouvernements ont combiné des réformes favorables aux entreprises et à l’investissement avec des dépenses publiques importantes pendant les crises sanitaire et énergétique. Sur la scène européenne, il a cherché à développer une capacité d’action commune en matière budgétaire, industrielle et militaire.[12][13]
Ses positions politiques
Économie
Les ordonnances de 2017 ont élargi la négociation au niveau de l’entreprise, fusionné les instances représentatives du personnel dans le comité social et économique et plafonné les dommages et intérêts prud’homaux pour certains licenciements abusifs.[2] La fiscalité de 2018 a remplacé l’impôt de solidarité sur la fortune par un impôt centré sur le patrimoine immobilier et soumis les revenus du capital au prélèvement forfaitaire unique.[3]
La loi PACTE a simplifié plusieurs obligations liées aux seuils d’effectifs et facilité des cessions de participations publiques.[4] Cette orientation n’a pas empêché un interventionnisme accru lors des crises : chômage partiel, prêts garantis par l’État, plan France Relance puis soutien massif aux ménages et entreprises face à la hausse des prix de l’énergie.
Libertés publiques
La loi de sécurité intérieure de 2017 a transféré dans le droit commun plusieurs outils administratifs issus de l’état d’urgence : périmètres de protection, fermeture de lieux de culte, visites domiciliaires et mesures individuelles de contrôle.[5] Elle illustre une politique qui donne une large place à la prévention administrative du terrorisme, au prix de restrictions encadrées à la liberté d’aller et venir et au respect de la vie privée.
Sur les questions de société, le bilan est plus libéral. La loi de bioéthique de 2021 a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes non mariées.[6] Emmanuel Macron a également soutenu la révision constitutionnelle de 2024 qui garantit la liberté de recourir à l’IVG.[7]
Immigration
La loi de 2018 a cherché à raccourcir les procédures d’asile et à rendre les éloignements plus effectifs, tout en allongeant la durée de certains titres et en renforçant des protections.[8] La politique suivie associe ainsi accueil au titre de l’asile, intégration par la langue et l’emploi, et accélération des procédures de contrôle.
Le texte promulgué en janvier 2024 a durci plusieurs règles de séjour et d’éloignement. Le Conseil constitutionnel a toutefois censuré une large partie des ajouts parlementaires, principalement comme cavaliers législatifs, sans juger leur fond.[9][10] À l’échelle européenne, la France a soutenu le Pacte migration et asile, qui renforce le filtrage aux frontières et organise une solidarité modulable entre États membres.[11]
Union européenne
Emmanuel Macron défend une intégration européenne plus poussée. À la Sorbonne en 2017, il a proposé un budget de la zone euro, des listes transnationales, une force commune d’intervention et une convergence fiscale et sociale.[12] Plusieurs de ces projets n’ont été que partiellement repris, mais ils définissent sa conception d’une « souveraineté européenne » complémentaire de l’action nationale.
En 2020, l’initiative franco-allemande sur un emprunt commun a ouvert la voie au fonds NextGenerationEU.[13][14] En 2024, il a de nouveau plaidé pour une politique industrielle, une défense et des financements européens communs, ainsi que pour un recours plus large à la majorité qualifiée.[15]
Une présidence encore en cours
Le second mandat s’achève en 2027. Son héritage dépendra notamment de la durée des réformes économiques, de la gestion d’une Assemblée fragmentée et de la traduction institutionnelle de ses propositions européennes, dont plusieurs restent soumises à un accord national ou européen.
