Édouard Philippe est maire du Havre et président d’Horizons.[1][2] Premier ministre d’Emmanuel Macron de mai 2017 à juillet 2020, il a annoncé le 3 septembre 2024 qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027.[3][4]
De Matignon à Horizons et à la campagne présidentielle
Conseiller d’Alain Juppé puis député de Seine-Maritime sous l’étiquette UMP, Édouard Philippe a exercé un premier mandat de maire du Havre entre 2010 et 2017. Emmanuel Macron l’a nommé Premier ministre après son élection à la présidence de la République.[1][4]
Son gouvernement a conduit la réforme du code du travail par ordonnances, la transformation de la SNCF et les premières mesures fiscales du quinquennat. Après avoir quitté Matignon, il a retrouvé la mairie du Havre et fondé Horizons en 2021, parti membre de la coalition présidentielle mais revendiquant une identité de centre droit.[1][2][6]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : travail, compétitivité et dette publique
Le gouvernement d’Édouard Philippe a réformé le droit du travail par ordonnances en 2017. La réforme a élargi la place des accords d’entreprise, fusionné les instances représentatives du personnel dans le comité social et économique et encadré les indemnités accordées par les prud’hommes en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.[18]
Il place la baisse de la dette et des dépenses publiques au premier rang de ses priorités. Dans son discours de politique générale de 2017, il fixait une trajectoire de réduction du déficit, accompagnée de baisses de prélèvements et d’une limitation de la progression des dépenses.[6]
Le gouvernement qu’il dirigeait a aussi porté la loi Pacte, qui a simplifié certains seuils applicables aux entreprises, réformé l’épargne-retraite et modifié le cadre légal des participations publiques. Elle a autorisé le transfert au secteur privé de la majorité du capital de la Française des jeux et d’Aéroports de Paris, et supprimé le seuil minimal de détention de l’État dans Engie. La FDJ a effectivement été privatisée en 2019 ; le transfert d’ADP n’a pas été réalisé.[7][17] Horizons défend aujourd’hui la production en France, la réindustrialisation, l’énergie nucléaire et un cadre fiscal stable pour l’investissement.[14]
Libertés publiques : sécurité, manifestations et information
Le gouvernement dirigé par Édouard Philippe a fait entrer dans le droit commun plusieurs outils issus de l’état d’urgence antiterroriste. La loi de 2017 permet notamment aux préfets d’établir des périmètres de protection, de fermer temporairement des lieux de culte et de prendre des mesures individuelles de contrôle administratif sous le contrôle du juge.[8]
Après les violences commises pendant le mouvement des « gilets jaunes », son gouvernement a soutenu la loi d’avril 2019 sur les manifestations. Le Conseil constitutionnel a censuré le pouvoir donné au préfet d’interdire préventivement de manifester à une personne ; les fouilles de bagages et de véhicules sur les lieux d’une manifestation ainsi que le délit de dissimulation volontaire du visage ont été promulgués.[9][10]
La loi de 2018 contre la manipulation de l’information, promulguée sous son gouvernement, permet au juge de faire cesser la diffusion massive et artificielle d’une fausse information manifeste durant les trois mois précédant un scrutin national. Elle associe la protection de la sincérité du vote à une procédure judiciaire accélérée qui encadre la diffusion de certains contenus.[19]
Immigration : quotas, asile et intégration
Édouard Philippe a proposé en 2023 que le Parlement vote chaque année des quotas d’immigration, différenciés selon les motifs d’entrée. Il a également avancé l’idée d’examiner des demandes d’asile à la frontière extérieure de l’Europe ou dans des pays tiers sûrs, avant l’entrée sur le territoire européen.[12]
Comme Premier ministre, il avait présenté une politique distinguant l’asile, l’immigration de travail et le regroupement familial. Il annonçait des objectifs quantitatifs pour l’immigration professionnelle, une lutte accrue contre la fraude, une meilleure exécution des éloignements et des exigences renforcées de maîtrise du français.[13]
La loi asile et immigration de 2018, adoptée sous ce gouvernement, a réduit certains délais de demande et de recours, augmenté la durée maximale de rétention et étendu le passeport talent. Elle a aussi renforcé la protection de certains réfugiés et apatrides et facilité la réunification familiale des mineurs protégés.[11]
Union européenne : puissance, défense et industrie
Édouard Philippe défend une Union capable d’agir dans les domaines où les États européens ne disposent plus seuls d’une taille suffisante : défense, commerce, climat, énergie et technologies. Dans son discours de 2018 sur l’avenir de l’Europe, il soutenait une souveraineté européenne complémentaire de la souveraineté nationale plutôt que leur mise en concurrence.[15]
Dans une tribune de juin 2026, il a défendu des initiatives communes conduites par les États volontaires sans attendre l’accord de tous, notamment pour la défense, l’union des marchés de capitaux, les technologies critiques et la préférence européenne dans les achats militaires.[20]
Son projet européen donne une place centrale à la politique industrielle : investissements communs dans l’énergie, le numérique et la défense, sécurisation des approvisionnements et préférence européenne dans certains achats publics.[14][15]
Une candidature annoncée pour 2027
Édouard Philippe a rendu publique sa candidature le 3 septembre 2024 et dispose d’une organisation de campagne distincte d’Horizons.[3][16] Cette déclaration politique précède le recueil des présentations d’élus et l’établissement de la liste officielle par le Conseil constitutionnel.
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