Portrait de François Mitterrand

Responsable politique historique

François Mitterrand : parcours et positions politiques

Président de la République de 1981 à 1995, François Mitterrand a conduit l’alternance socialiste, élargi plusieurs libertés et approfondi la construction européenne.

Période
1916–1996
Cadre politique
France · Parti socialiste · président de la République de 1981 à 1995
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie-4Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Les lois de 1982 ont nationalisé plusieurs groupes industriels et trente-neuf banques.

    LoiSource 2
  • Les premières années du septennat ont associé hausse du SMIC et des prestations, semaine de 39 heures et cinquième semaine de congés payés.

    Action gouvernementaleSource 3
  • À partir de 1983, le gouvernement a privilégié la désinflation, la maîtrise des déficits et le maintien dans le Système monétaire européen.

    Action gouvernementaleSource 4
Libertés publiques4Voir 4 élémentsMasquer les éléments
  • La loi du 9 octobre 1981 a aboli la peine de mort, supprimant la sanction pénale la plus extrême et irréversible dont disposait l’État.

    LoiSource 5
  • La loi du 23 décembre 1981, adoptée sous sa présidence, a abrogé les dispositions de la loi dite « anti-casseurs » qui étendaient la responsabilité au-delà des auteurs personnellement identifiés de violences commises lors de manifestations.

    LoiSource 14
  • La loi du 4 août 1982, adoptée sous sa présidence à l’initiative du gouvernement, a supprimé la dernière disposition pénale qui discriminait spécifiquement les relations homosexuelles.

    LoiSources 1516
  • La libéralisation de l’audiovisuel en 1981-1982 a mis fin au monopole d’État sur la radiodiffusion.

    LoiSource 7
Immigration6Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Le gouvernement issu de l’alternance de 1981 a mené une régularisation exceptionnelle de travailleurs étrangers sans titre.

    Action gouvernementaleSource 8
  • La loi de 1984 a instauré la carte de résident de dix ans, renouvelable de plein droit sous conditions.

    LoiSource 9
  • À partir de 1983, les gouvernements ont aussi renforcé la maîtrise des flux et les possibilités d’éloignement, sans supprimer le regroupement familial.

    Action gouvernementaleSource 10
Union européenne8Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Mitterrand a soutenu l’Acte unique européen, qui a préparé le marché intérieur et accru les compétences communautaires.

    Action gouvernementaleSource 11
  • Il a défendu le traité de Maastricht et organisé le référendum français de 1992 qui l’a approuvé.

    DéclarationSource 12
  • Avec Helmut Kohl, il a fait du couple franco-allemand un moteur de l’intégration européenne.

    Bilan politiqueSource 13

François Mitterrand a été le premier président socialiste de la Ve République. Élu en 1981 puis réélu en 1988, il a exercé deux septennats, dont quatre années de cohabitation avec des gouvernements de droite.[1]

Son parcours politique

Député de la Nièvre à partir de 1946, plusieurs fois ministre sous la IVe République, Mitterrand s’est opposé au retour du général de Gaulle en 1958. Candidat commun de la gauche en 1965 et en 1974, il a pris la direction du Parti socialiste au congrès d’Épinay en 1971 et organisé l’union avec les communistes autour d’un programme commun.[1]

La victoire de 1981 a ouvert une alternance politique majeure. Les deux premières années ont vu des nationalisations, des hausses de revenus sociaux et des réformes emblématiques comme l’abolition de la peine de mort et la décentralisation. Le choix de rester dans le Système monétaire européen a conduit en 1983 à une politique de désinflation et de maîtrise des déficits.[2][4][5][6]

Ses positions politiques

Économie

Le début du premier septennat suit une orientation interventionniste : nationalisation de banques et de groupes industriels, semaine de 39 heures, cinquième semaine de congés payés, hausse du SMIC et des prestations sociales.[2][3] L’État devait orienter le crédit, l’investissement et la modernisation productive.

En 1983, Mitterrand a arbitré en faveur du maintien du franc dans le Système monétaire européen. La politique économique s’est alors tournée vers la désinflation compétitive, la modération salariale et le rétablissement des comptes extérieurs.[4] Les privatisations conduites pendant la première cohabitation ont ensuite réduit une partie du secteur public constitué en 1982.[2]

Libertés publiques

L’abolition de la peine de mort, portée par Robert Badinter et promulguée en octobre 1981, a supprimé la sanction pénale la plus extrême et irréversible dont disposait l’État.[5] La loi du 23 décembre 1981, adoptée sous la présidence de Mitterrand, a abrogé les dispositions de la loi dite « anti-casseurs » qui permettaient de mettre en cause l’instigateur ou certains participants au-delà des auteurs personnellement identifiés de violences lors d’une manifestation. Elle a ainsi rétabli le principe de responsabilité pénale personnelle et levé un risque pour la liberté de manifestation.[14]

La loi du 4 août 1982, adoptée à l’initiative du gouvernement de Pierre Mauroy, a abrogé le deuxième alinéa de l’article 331 du code pénal. Elle a supprimé la dernière disposition pénale qui établissait une différence de traitement spécifique entre relations homosexuelles et hétérosexuelles.[15][16] La libéralisation des radios a mis fin au monopole d’État sur la radiodiffusion, ouvrant la création de radios privées, même si la régulation de l’audiovisuel a continué d’évoluer pendant les deux septennats.[7]

Immigration

Le gouvernement Mauroy a procédé en 1981-1982 à une régularisation exceptionnelle de travailleurs étrangers sans titre.[8] La loi de 1984 a créé une carte de résident de dix ans renouvelable de plein droit sous conditions, stabilisant le séjour de nombreux étrangers installés durablement en France.[9]

Cette politique a ensuite été infléchie. Dès 1983, les pouvoirs publics ont cherché à mieux contrôler les entrées et les éloignements, tandis que les alternances et cohabitations modifiaient fréquemment le droit au séjour.[10] La promesse d’accorder le droit de vote local aux étrangers non communautaires n’a pas été mise en œuvre.

Union européenne

Mitterrand a fait de la construction européenne un axe central de sa présidence. Il a soutenu l’Acte unique, qui a fixé l’objectif du marché intérieur et étendu le vote à la majorité qualifiée dans plusieurs domaines.[11]

Avec Helmut Kohl, il a approfondi la coopération franco-allemande et accompagné le projet d’union économique et monétaire.[13] En 1992, il a défendu publiquement le traité de Maastricht, approuvé de justesse par référendum en France.[12]

Son héritage politique

Les deux septennats ont durablement transformé la gauche de gouvernement : l’ambition de rupture économique de 1981 a cédé la place à l’acceptation de l’économie de marché, tandis que l’intégration européenne devenait un choix structurant. L’abolition de la peine de mort, la décentralisation et la libéralisation de l’audiovisuel demeurent parmi les réformes les plus directement associées à cette période.[1][5][6]

Sources et mises à jour
  1. 1981-1995 — François Mitterrand, Élysée. Consulté le 6 septembre 2026.
  2. Les nationalisations et les privatisations depuis 1982, Vie-publique.fr. Consulté le 6 septembre 2026.
  3. Les réformes économiques et sociales de 1981-1982, Vie-publique.fr. Consulté le 6 septembre 2026.
  4. Allocution télévisée après le réajustement monétaire de mars 1983, Vie-publique.fr, publié le 23 mars 1983. Consulté le 6 septembre 2026.
  5. Loi du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort, Légifrance, publié le 9 octobre 1981. Consulté le 6 septembre 2026.
  6. Les lois Defferre, premières lois de décentralisation, Vie-publique.fr. Consulté le 6 septembre 2026.
  7. La libéralisation des ondes en 1981, Conseil supérieur de l’audiovisuel. Consulté le 6 septembre 2026.
  8. La politique de l’immigration en France depuis 1945, Musée national de l’histoire de l’immigration. Consulté le 6 septembre 2026.
  9. Loi du 17 juillet 1984 relative aux étrangers séjournant en France, Légifrance, publié le 17 juillet 1984. Consulté le 6 septembre 2026.
  10. Les politiques d’immigration en France depuis 1974, Vie-publique.fr. Consulté le 6 septembre 2026.
  11. L’Acte unique européen, Toute l’Europe. Consulté le 6 septembre 2026.
  12. Déclarations sur le référendum relatif au traité de Maastricht, Vie-publique.fr, publié le 3 septembre 1992. Consulté le 6 septembre 2026.
  13. François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun, CVCE.eu, Université du Luxembourg. Consulté le 6 septembre 2026.
  14. Robert Badinter — travaux parlementaires et abrogation de la loi anti-casseurs, Assemblée nationale, publié le 23 décembre 1981. Consulté le 7 septembre 2026.
  15. Loi du 4 août 1982 modifiant l’article 331 du code pénal, Légifrance, publié le 5 août 1982. Consulté le 7 septembre 2026.
  16. Message pour les 40 ans de la dépénalisation totale de l’homosexualité, Élysée, publié le 4 août 2022. Consulté le 7 septembre 2026.