François Ruffin est député de la 1re circonscription de la Somme et siège au sein du groupe Écologiste et Social.[1] Reporter de profession, il est candidat à l’élection présidentielle de 2027.[1][9]
Du journalisme à l’Assemblée nationale
Né en 1975 à Calais, François Ruffin a exercé comme reporter avant d’entrer à l’Assemblée nationale.[1] Ses travaux et ses campagnes politiques se sont notamment concentrés sur les fermetures d’usines, les conditions de travail et la place des catégories populaires dans le débat public.[2]
Élu député de la Somme en 2017, réélu en 2022 puis en 2024, il a d’abord siégé au sein du groupe La France insoumise avant de rejoindre le groupe Écologiste et Social. Son activité politique conserve pour fil directeur le travail, la désindustrialisation et la représentation des catégories populaires.[1][2]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : travail, salaires et reconstruction industrielle
François Ruffin veut créer un statut pour les travailleuses et travailleurs essentiels, notamment dans le soin, le nettoyage, les transports, l’agriculture et la sécurité. Son projet prévoit de mieux rémunérer les horaires atypiques, les coupures et les déplacements, de prendre davantage en compte la pénibilité pour la retraite et de limiter le recours aux contrats courts, à l’intérim et à la sous-traitance en cascade.[2]
Il défend une intervention publique accrue dans l’organisation du travail. Le statut proposé donnerait plus de poids aux salariés et aux syndicats dans les décisions de l’entreprise, ouvrirait des droits à la formation et à la reconversion et ferait contribuer davantage les employeurs dont les pratiques dégradent la santé des salariés, selon un principe de « broyeur-payeur ».[2]
Sa politique industrielle repose sur la relocalisation de productions stratégiques, la commande publique et la protection du marché européen. Il s’oppose à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, au nom de la concurrence imposée aux agriculteurs et aux industries européennes, et défend des investissements communs dans l’énergie, les transports, le numérique et la défense.[4][5]
Libertés publiques : police, cannabis et choix de société
Le programme du Nouveau Front populaire, sous l’étiquette duquel François Ruffin a été réélu en 2024, proposait une police de proximité, l’interdiction des lanceurs de balles de défense et des grenades mutilantes ainsi que le démantèlement des BRAV-M. Il défendait aussi un contrôle indépendant des forces de l’ordre et la protection des libertés syndicales et associatives.[8]
Sur les drogues, François Ruffin a cosigné en 2021 une proposition de loi visant à légaliser la production, la vente et la consommation du cannabis sous le contrôle de l’État. Le texte présentait cette légalisation encadrée comme une politique de santé publique et comme un moyen de réduire le marché clandestin.[10][11]
François Ruffin a voté en faveur de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir.[12] En 2023, il s’est en revanche déclaré personnellement opposé à la GPA. Après avoir aussi tenu des propos réservés sur une réforme du changement de la mention de genre à l’état civil, il a reconnu que sa réponse était insuffisante et affirmé devoir progresser en échangeant avec les personnes concernées.[13]
Immigration : droits des travailleurs et maîtrise des entrées
François Ruffin conteste le recours à l’immigration de travail lorsque des employeurs l’utilisent pour maintenir les salaires au plus bas ou éviter de former des travailleurs en France. En avril 2026, il a notamment défendu la formation de personnels dans les secteurs en tension, plutôt que le recrutement à l’étranger comme réponse permanente aux pénuries de main-d’œuvre.[7]
Il distingue cette critique économique du statut des étrangers déjà présents. Il défend pour les salariés avec ou sans papiers les mêmes droits sociaux et la même protection face aux employeurs, afin d’empêcher que la précarité administrative serve à organiser une concurrence entre travailleurs.[2][7]
Le programme du Nouveau Front populaire de 2024 proposait d’abroger les dispositions les plus restrictives de la loi immigration, de faciliter les voies légales d’entrée, de régulariser les travailleurs, étudiants et parents d’enfants scolarisés selon des critères définis et de garantir l’accès effectif au droit d’asile. Il prévoyait également la création d’un statut de déplacé climatique.[8]
Union européenne : protection, coopérations et souveraineté populaire
François Ruffin refuse à la fois le repli national et une intégration européenne conduite principalement par la concurrence et les règles du marché. Sa doctrine européenne donne la priorité à des coopérations entre États volontaires lorsqu’un accord à vingt-sept bloque une politique industrielle, sociale ou écologique.[4]
Il propose une stratégie de protection des productions européennes : clauses sociales et environnementales, préférence dans la commande publique et refus des accords de libre-échange jugés incompatibles avec ces objectifs. Cette ligne s’accompagne d’investissements coordonnés dans les infrastructures, l’énergie, les médicaments, les semi-conducteurs et les technologies numériques.[4][5]
Sur la défense, il soutient l’aide à l’Ukraine face à l’agression russe et veut renforcer les capacités industrielles européennes, tout en maintenant une décision politique des États. Il défend aussi des services numériques européens et des logiciels ouverts afin de réduire la dépendance envers les grandes entreprises américaines et chinoises et de mieux protéger les données personnelles.[4]
Une candidature déclarée pour 2027
En juin 2026, François Ruffin a confirmé qu’il maintenait sa candidature. Il inscrit sa campagne dans la recherche d’un rassemblement de la gauche autour du travail, de la justice sociale, de l’écologie et de la souveraineté populaire.[9]
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