Portrait de G Pompidou

Responsable politique historique

Georges Pompidou : parcours et positions politiques

Premier ministre de Charles de Gaulle puis président de la République, Georges Pompidou associe modernisation industrielle, État stratège, autorité publique et construction européenne conduite par les États.

Période
1911–1974
Cadre politique
France · gaullisme · président de la République de 1969 à 1974
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie3Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Georges Pompidou a fait de l’investissement industriel une priorité de l’État, notamment dans l’aéronautique, le spatial, le nucléaire civil et les télécommunications.

    Action gouvernementaleSource 2
  • Son gouvernement a soutenu le lancement d’Airbus dans le cadre d’une coopération industrielle européenne.

    Action gouvernementaleSource 2
  • Il privilégiait des entreprises puissantes et compétitives, y compris privées, plutôt qu’une extension générale des nationalisations.

    DéclarationSources 23
Libertés publiques1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • La loi dite « anti-casseurs » de 1970 a étendu la répression de certaines violences commises lors de rassemblements et instauré des formes de responsabilité collective.

    LoiSource 4
  • La peine de mort a été maintenue et trois exécutions ont eu lieu pendant sa présidence.

    Bilan politiqueSource 5
  • L’audiovisuel public est resté organisé autour de l’ORTF, placé sous une forte tutelle gouvernementale malgré des réformes internes.

    Action gouvernementaleSource 6
Immigration-1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Les circulaires Marcellin-Fontanet de 1972 ont subordonné la régularité du séjour à la possession d’un emploi et d’un logement répondant à certaines conditions.

    Action gouvernementaleSources 78
  • Elles ont mis fin à une grande partie des régularisations après l’entrée en France et ont renforcé le contrôle administratif des travailleurs étrangers.

    Action gouvernementaleSources 78
  • Le recrutement de travailleurs étrangers par les voies officielles a néanmoins continué, l’immigration de travail restant intégrée aux besoins de l’économie.

    Action gouvernementaleSource 8
Union européenne2Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Au sommet de La Haye de 1969, Pompidou a accepté de relancer l’élargissement des Communautés européennes et l’union économique et monétaire.

    Action gouvernementaleSources 19
  • Il a soumis à référendum l’adhésion du Royaume-Uni, de l’Irlande, du Danemark et de la Norvège aux Communautés européennes.

    Bilan politiqueSource 10
  • Son projet européen demeurait intergouvernemental : les États devaient conserver la conduite politique de la coopération.

    DéclarationSources 39

Né en 1911 à Montboudif et mort en 1974 à Paris, Georges Pompidou a été Premier ministre de Charles de Gaulle de 1962 à 1968, puis président de la République de 1969 jusqu’à sa mort. Son gaullisme accorde une place centrale à la puissance industrielle, à l’autorité de l’État et à l’indépendance nationale.[1]

Son parcours politique

Agrégé de lettres, enseignant puis collaborateur de Charles de Gaulle après la Libération, Pompidou a également travaillé à la banque Rothschild. À Matignon, il accompagne la croissance des années 1960, les grands programmes industriels et l’entrée de l’économie française dans le marché commun. Il reste Premier ministre pendant la crise de Mai 68, avant de quitter ses fonctions après les élections législatives.

Élu président en 1969, il poursuit la modernisation économique tout en infléchissant la politique européenne de son prédécesseur. Le sommet de La Haye remet en mouvement l’élargissement et la coopération monétaire. Sa présidence est interrompue par sa mort en avril 1974.[1][9]

Ses positions politiques

Économie

Pompidou conçoit l’industrie comme la base de l’indépendance nationale. L’État oriente l’investissement, soutient la recherche et favorise la constitution de groupes capables d’affronter la concurrence internationale. L’aéronautique, le spatial, le nucléaire civil, les télécommunications et les transports figurent parmi les secteurs prioritaires.[2]

Cette politique ne repose pas sur une nationalisation générale. Pompidou valorise l’entreprise, la productivité et la compétition, mais juge nécessaire que la puissance publique choisisse des priorités, organise des coopérations et appuie des « champions » industriels.[2][3] Elle combine donc économie de marché et stratégie étatique.

Libertés publiques

La réponse aux contestations de l’après-1968 privilégie l’ordre public. La loi de juin 1970 dite « anti-casseurs » renforce la répression des violences collectives et permet d’engager la responsabilité de participants à certains rassemblements au-delà des seuls auteurs matériels.[4]

La peine capitale demeure appliquée, avec trois exécutions pendant le mandat présidentiel.[5] L’information radiotélévisée reste par ailleurs concentrée dans l’ORTF et soumise à une tutelle gouvernementale importante, même si des réformes cherchent à assouplir son fonctionnement.[6]

Immigration

Au début des années 1970, l’économie française continue de recourir à une main-d’œuvre étrangère. Le gouvernement cherche cependant à reprendre le contrôle de procédures largement fondées sur la régularisation après l’arrivée.[8]

Les circulaires Marcellin-Fontanet de 1972 lient plus étroitement titre de travail, emploi et logement et réduisent les possibilités de régularisation. Elles marquent un tournant administratif restrictif, sans fermer entièrement les recrutements organisés par les canaux officiels.[7][8]

Union européenne

Pompidou lève le blocage français à l’entrée du Royaume-Uni dans les Communautés européennes. Au sommet de La Haye, il accepte que l’élargissement s’accompagne d’un approfondissement économique et monétaire.[1][9] En 1972, il fait approuver par référendum le traité d’adhésion de quatre États candidats ; la Norvège refusera ensuite d’y entrer.[10]

Son européisme reste celui d’un gaulliste : la coopération doit renforcer la capacité d’action des pays européens sans effacer la responsabilité politique des gouvernements nationaux. L’ouverture européenne et la préservation de la souveraineté étatique forment ainsi les deux pôles de sa ligne.[3][9]

Un gaullisme industriel et modernisateur

Georges Pompidou prolonge l’ambition d’indépendance nationale du gaullisme en l’adossant à la modernisation productive. Son héritage associe grands projets, coopération industrielle européenne, pouvoir exécutif fort et conception intergouvernementale de l’Europe.

Sources et mises à jour
  1. Georges Pompidou — biographie, Élysée. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. La politique industrielle de Georges Pompidou, Institut Georges Pompidou. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. Le Nœud gordien, Plon, publié le 1er janvier 1974. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. Loi du 8 juin 1970 tendant à réprimer certaines formes nouvelles de délinquance, Légifrance, publié le 9 juin 1970. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. La peine de mort en France avant 1981, Assemblée nationale. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. Audiovisuel public : de l’ORTF à France Télévisions, Vie-publique.fr. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. 1972–2002 : les grandes étapes de la politique d’immigration, Gisti. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. Politiques de l’immigration, Persée — Hommes & Migrations, publié le 1er février 1989. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. Georges Pompidou, l’élargissement et le renforcement de la Communauté, Éditions de la Sorbonne. Consulté le 7 septembre 2026.
  10. Résultats du référendum de 1972, Institut Georges Pompidou. Consulté le 7 septembre 2026.