Né en 1911 à Montboudif et mort en 1974 à Paris, Georges Pompidou a été Premier ministre de Charles de Gaulle de 1962 à 1968, puis président de la République de 1969 jusqu’à sa mort. Son gaullisme accorde une place centrale à la puissance industrielle, à l’autorité de l’État et à l’indépendance nationale.[1]
Son parcours politique
Agrégé de lettres, enseignant puis collaborateur de Charles de Gaulle après la Libération, Pompidou a également travaillé à la banque Rothschild. À Matignon, il accompagne la croissance des années 1960, les grands programmes industriels et l’entrée de l’économie française dans le marché commun. Il reste Premier ministre pendant la crise de Mai 68, avant de quitter ses fonctions après les élections législatives.
Élu président en 1969, il poursuit la modernisation économique tout en infléchissant la politique européenne de son prédécesseur. Le sommet de La Haye remet en mouvement l’élargissement et la coopération monétaire. Sa présidence est interrompue par sa mort en avril 1974.[1][9]
Ses positions politiques
Économie
Pompidou conçoit l’industrie comme la base de l’indépendance nationale. L’État oriente l’investissement, soutient la recherche et favorise la constitution de groupes capables d’affronter la concurrence internationale. L’aéronautique, le spatial, le nucléaire civil, les télécommunications et les transports figurent parmi les secteurs prioritaires.[2]
Cette politique ne repose pas sur une nationalisation générale. Pompidou valorise l’entreprise, la productivité et la compétition, mais juge nécessaire que la puissance publique choisisse des priorités, organise des coopérations et appuie des « champions » industriels.[2][3] Elle combine donc économie de marché et stratégie étatique.
Libertés publiques
La réponse aux contestations de l’après-1968 privilégie l’ordre public. La loi de juin 1970 dite « anti-casseurs » renforce la répression des violences collectives et permet d’engager la responsabilité de participants à certains rassemblements au-delà des seuls auteurs matériels.[4]
La peine capitale demeure appliquée, avec trois exécutions pendant le mandat présidentiel.[5] L’information radiotélévisée reste par ailleurs concentrée dans l’ORTF et soumise à une tutelle gouvernementale importante, même si des réformes cherchent à assouplir son fonctionnement.[6]
Immigration
Au début des années 1970, l’économie française continue de recourir à une main-d’œuvre étrangère. Le gouvernement cherche cependant à reprendre le contrôle de procédures largement fondées sur la régularisation après l’arrivée.[8]
Les circulaires Marcellin-Fontanet de 1972 lient plus étroitement titre de travail, emploi et logement et réduisent les possibilités de régularisation. Elles marquent un tournant administratif restrictif, sans fermer entièrement les recrutements organisés par les canaux officiels.[7][8]
Union européenne
Pompidou lève le blocage français à l’entrée du Royaume-Uni dans les Communautés européennes. Au sommet de La Haye, il accepte que l’élargissement s’accompagne d’un approfondissement économique et monétaire.[1][9] En 1972, il fait approuver par référendum le traité d’adhésion de quatre États candidats ; la Norvège refusera ensuite d’y entrer.[10]
Son européisme reste celui d’un gaulliste : la coopération doit renforcer la capacité d’action des pays européens sans effacer la responsabilité politique des gouvernements nationaux. L’ouverture européenne et la préservation de la souveraineté étatique forment ainsi les deux pôles de sa ligne.[3][9]
Un gaullisme industriel et modernisateur
Georges Pompidou prolonge l’ambition d’indépendance nationale du gaullisme en l’adossant à la modernisation productive. Son héritage associe grands projets, coopération industrielle européenne, pouvoir exécutif fort et conception intergouvernementale de l’Europe.
