Portrait de Georges Marchais

Responsable politique historique

Georges Marchais : parcours et positions politiques

Secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994, Georges Marchais défendait les nationalisations, la planification, des droits sociaux étendus, l’arrêt de l’immigration de travail et une Europe de nations souveraines plutôt que supranationale.

Période
1920–1997
Cadre politique
France · Parti communiste français · candidat à la présidentielle de 1981
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie-9Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Le programme présidentiel de 1981 proposait de nouvelles nationalisations dans la banque, le crédit et les grands groupes industriels.

    ProgrammeSources 23
  • Marchais défendait la planification économique, le contrôle public du crédit et l’orientation administrative de l’investissement.

    ProgrammeSources 234
  • Il proposait de relever les salaires, de bloquer certains prix, de réduire le temps de travail et d’étendre les pouvoirs des salariés dans les entreprises.

    ProgrammeSources 23
Libertés publiques-3Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Son programme de 1981 demandait l’abolition de la peine de mort et l’abrogation de la loi dite « sécurité et liberté ».

    ProgrammeSource 2
  • Il défendait les libertés syndicales, le droit de grève et un contrôle moins étroit de l’État sur l’information audiovisuelle.

    ProgrammeSources 24
  • En 1979, Marchais a présenté le bilan des pays socialistes comme « globalement positif », tout en reconnaissant des problèmes de démocratie.

    DéclarationSource 5
Immigration-4Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Pendant la campagne de 1981, Marchais a demandé l’arrêt de l’immigration officielle et clandestine.

    DéclarationSources 267
  • Il proposait de répartir davantage les travailleurs immigrés entre les communes afin d’éviter leur concentration dans les villes ouvrières.

    PropositionSources 68
  • Le PCF défendait parallèlement l’égalité des droits sociaux des travailleurs immigrés présents en France et la lutte contre les discriminations.

    ProgrammeSources 28
Union européenne-6Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Marchais dénonçait la Communauté économique européenne comme une « Europe des monopoles » limitant la souveraineté économique de la France.

    DéclarationSource 4
  • Son programme de 1981 subordonnait les règles communautaires aux nationalisations, à la planification et à la priorité donnée à la production française.

    ProgrammeSources 23
  • Il a fait campagne contre la ratification du traité de Maastricht en 1992.

    DéclarationSource 9

Né en 1920 à La Hoguette et mort en 1997 à Paris, Georges Marchais a dirigé le Parti communiste français de 1972 à 1994. Député du Val-de-Marne et candidat à l’élection présidentielle de 1981, il incarne la dernière période où le PCF représente une force électorale nationale de premier plan.[1]

Son parcours politique

Ouvrier mécanicien puis permanent syndical et politique, Marchais entre à la direction du PCF dans les années 1950. Il participe à la stratégie du programme commun avec le Parti socialiste et les radicaux de gauche, puis durcit la concurrence avec François Mitterrand à mesure que le rapport de force électoral se retourne au profit du PS.

Sa campagne de 1981 défend un programme communiste distinct fondé sur la production nationale, les nationalisations et l’augmentation du pouvoir d’achat.[2][3] Il obtient 15,35 % des suffrages au premier tour. Le PCF entre ensuite au gouvernement sous François Mitterrand, tandis que Marchais reste secrétaire général et siège également au Parlement européen.[10]

Ses positions politiques

Économie

Marchais veut transférer à la puissance publique le contrôle des principaux leviers économiques. Son programme prévoit des nationalisations bancaires et industrielles, une planification démocratique, le contrôle du crédit et des pouvoirs renforcés pour les salariés dans la gestion des entreprises.[2][3]

Il propose également de stimuler la demande par les salaires, de réduire le temps de travail, d’abaisser l’âge de la retraite et de bloquer certains prix.[2] La propriété privée des petites entreprises demeure, mais les grands choix d’investissement et de production doivent être largement soustraits au marché et aux groupes financiers.

Libertés publiques

Le programme français du PCF contient plusieurs engagements favorables aux libertés : abolition de la peine de mort, abrogation de la loi « sécurité et liberté », défense du droit de grève, des libertés syndicales et du pluralisme de l’information.[2][4]

Cette dimension coexiste avec son appréciation favorable des régimes alliés au PCF. En 1979, Marchais présente le bilan des pays socialistes comme « globalement positif », tout en reconnaissant des problèmes de démocratie.[5] Son positionnement sur les libertés est donc traversé par une contradiction entre son programme démocratique en France et sa défense de systèmes où le pluralisme et la dissidence étaient fortement limités.

Immigration

Dans la campagne de 1981, Marchais demande de « stopper l’immigration officielle et clandestine ». Il relie cette position au chômage, à la pression sur les salaires et à la concentration des familles immigrées dans les communes populaires.[2][6][7]

Il soutient l’idée d’une répartition plus équilibrée entre les communes et défend la municipalité communiste de Vitry après l’opération menée contre un foyer destiné à des travailleurs maliens.[8] Dans le même temps, le PCF revendique l’égalité des droits sociaux pour les travailleurs immigrés déjà présents et combat les discriminations. La ligne combine donc restriction des nouvelles entrées et égalité sociale des résidents.[2][8]

Union européenne

Marchais critique la Communauté économique européenne comme une organisation dominée par les marchés et les grands groupes. À l’Assemblée nationale, il défend la coopération avec les autres pays tout en refusant que les règles communautaires empêchent les nationalisations, le contrôle des capitaux ou la planification française.[4]

Son programme de 1981 place la souveraineté économique nationale au-dessus des disciplines européennes.[2][3] Il s’oppose ensuite au traité de Maastricht en 1992. Cette ligne n’exclut pas les coopérations entre peuples européens, mais rejette la construction d’un pouvoir supranational capable de contraindre les politiques nationales.

Une figure du communisme français

Georges Marchais associe une politique économique très étatiste, une culture de classe et une forte souveraineté nationale. Son héritage comprend aussi les tensions du communisme français de la fin du XXe siècle : défense de libertés sociales et politiques en France, mais proximité longtemps maintenue avec le système soviétique.

Sources et mises à jour
  1. Georges Marchais — tables nominatives des interventions, Assemblée nationale. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. Programme présidentiel de Georges Marchais — 1981, France-politique.fr — document d’archive, publié le 1er avril 1981. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. Interview de Georges Marchais sur son programme économique, Vie-publique.fr, publié le 16 mars 1981. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. Georges Marchais — interventions parlementaires de 1973 à 1981, Assemblée nationale. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. Rapport de Georges Marchais devant le XXIIIe congrès du PCF, Vie-publique.fr, publié le 10 mai 1979. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. La gauche et l’immigration : retour historique, Fondation Jean-Jaurès, publié le 24 janvier 2024. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. La bataille électorale de 1981, Communications — Cairn.info. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. L’affaire du bulldozer de Vitry : la banlieue rouge face au phénomène migratoire, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, publié le 1er janvier 2020. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. Déclaration sur l’opposition du PCF au traité de Maastricht et la campagne pour le non, Vie-publique.fr, publié le 11 juin 1992. Consulté le 7 septembre 2026.
  10. Georges Marchais — mandats au Parlement européen, Parlement européen. Consulté le 7 septembre 2026.