Né en 1920 à La Hoguette et mort en 1997 à Paris, Georges Marchais a dirigé le Parti communiste français de 1972 à 1994. Député du Val-de-Marne et candidat à l’élection présidentielle de 1981, il incarne la dernière période où le PCF représente une force électorale nationale de premier plan.[1]
Son parcours politique
Ouvrier mécanicien puis permanent syndical et politique, Marchais entre à la direction du PCF dans les années 1950. Il participe à la stratégie du programme commun avec le Parti socialiste et les radicaux de gauche, puis durcit la concurrence avec François Mitterrand à mesure que le rapport de force électoral se retourne au profit du PS.
Sa campagne de 1981 défend un programme communiste distinct fondé sur la production nationale, les nationalisations et l’augmentation du pouvoir d’achat.[2][3] Il obtient 15,35 % des suffrages au premier tour. Le PCF entre ensuite au gouvernement sous François Mitterrand, tandis que Marchais reste secrétaire général et siège également au Parlement européen.[10]
Ses positions politiques
Économie
Marchais veut transférer à la puissance publique le contrôle des principaux leviers économiques. Son programme prévoit des nationalisations bancaires et industrielles, une planification démocratique, le contrôle du crédit et des pouvoirs renforcés pour les salariés dans la gestion des entreprises.[2][3]
Il propose également de stimuler la demande par les salaires, de réduire le temps de travail, d’abaisser l’âge de la retraite et de bloquer certains prix.[2] La propriété privée des petites entreprises demeure, mais les grands choix d’investissement et de production doivent être largement soustraits au marché et aux groupes financiers.
Libertés publiques
Le programme français du PCF contient plusieurs engagements favorables aux libertés : abolition de la peine de mort, abrogation de la loi « sécurité et liberté », défense du droit de grève, des libertés syndicales et du pluralisme de l’information.[2][4]
Cette dimension coexiste avec son appréciation favorable des régimes alliés au PCF. En 1979, Marchais présente le bilan des pays socialistes comme « globalement positif », tout en reconnaissant des problèmes de démocratie.[5] Son positionnement sur les libertés est donc traversé par une contradiction entre son programme démocratique en France et sa défense de systèmes où le pluralisme et la dissidence étaient fortement limités.
Immigration
Dans la campagne de 1981, Marchais demande de « stopper l’immigration officielle et clandestine ». Il relie cette position au chômage, à la pression sur les salaires et à la concentration des familles immigrées dans les communes populaires.[2][6][7]
Il soutient l’idée d’une répartition plus équilibrée entre les communes et défend la municipalité communiste de Vitry après l’opération menée contre un foyer destiné à des travailleurs maliens.[8] Dans le même temps, le PCF revendique l’égalité des droits sociaux pour les travailleurs immigrés déjà présents et combat les discriminations. La ligne combine donc restriction des nouvelles entrées et égalité sociale des résidents.[2][8]
Union européenne
Marchais critique la Communauté économique européenne comme une organisation dominée par les marchés et les grands groupes. À l’Assemblée nationale, il défend la coopération avec les autres pays tout en refusant que les règles communautaires empêchent les nationalisations, le contrôle des capitaux ou la planification française.[4]
Son programme de 1981 place la souveraineté économique nationale au-dessus des disciplines européennes.[2][3] Il s’oppose ensuite au traité de Maastricht en 1992. Cette ligne n’exclut pas les coopérations entre peuples européens, mais rejette la construction d’un pouvoir supranational capable de contraindre les politiques nationales.
Une figure du communisme français
Georges Marchais associe une politique économique très étatiste, une culture de classe et une forte souveraineté nationale. Son héritage comprend aussi les tensions du communisme français de la fin du XXe siècle : défense de libertés sociales et politiques en France, mais proximité longtemps maintenue avec le système soviétique.
