Portrait de J Chirac

Responsable politique historique

Jacques Chirac : parcours et positions politiques

Premier ministre puis président de la République, Jacques Chirac a connu une trajectoire allant du libéralisme économique des années 1980 au gaullisme social, avec une politique d’ordre, une immigration encadrée et un soutien prudent mais réel à la construction européenne.

Période
1932–2019
Cadre politique
France · gaullisme · président de la République de 1995 à 2007
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie-1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Comme Premier ministre en 1986, Jacques Chirac a lancé un programme de privatisations et de déréglementation.

    Action gouvernementaleSources 23
  • Lors de la campagne de 1995, il a placé la réduction de la « fracture sociale » et la lutte contre le chômage au centre de son projet.

    ProgrammeSource 4
  • Sous sa présidence, les gouvernements ont réformé les retraites et allégé certains prélèvements tout en maintenant un niveau élevé de protection et de dépense publiques.

    Bilan politiqueSource 5
Libertés publiques1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • La loi pour la sécurité intérieure de 2003 a renforcé les pouvoirs de police et créé ou durci plusieurs infractions liées à l’ordre public.

    LoiSource 6
  • À l’initiative de Jacques Chirac, la loi du 30 décembre 2004 a créé la HALDE, autorité indépendante compétente pour lutter contre les discriminations.

    LoiSources 78
  • En 2004, Jacques Chirac s’opposait au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe, tout en demandant une amélioration du PACS afin de renforcer leurs droits et devoirs.

    DéclarationSource 10
Immigration1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Comme Premier ministre, Chirac a signé en 1976 le décret organisant l’entrée des familles d’étrangers résidant régulièrement en France, sous conditions.

    Action gouvernementaleSource 9
  • Son gouvernement de 1986 a rétabli l’expulsion administrative et restreint l’accès à la carte de résident de dix ans.

    LoiSources 1112
  • Sous sa présidence, la loi de 2003 a durci plusieurs règles d’entrée, de séjour et d’éloignement tout en réformant l’intégration et la carte de résident.

    LoiSources 1213
Union européenne4Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Jacques Chirac a appelé à voter oui au traité de Maastricht lors du référendum de 1992.

    DéclarationSource 14
  • Sous sa présidence, la France a participé au passage à l’euro et à la négociation du traité de Nice.

    Action gouvernementaleSource 14
  • Il a soutenu le traité établissant une Constitution pour l’Europe et choisi de le soumettre au référendum en 2005.

    Bilan politiqueSources 1415

Né en 1932 à Paris et mort en 2019 dans la même ville, Jacques Chirac a été deux fois Premier ministre, maire de Paris pendant dix-huit ans et président de la République de 1995 à 2007. Sa trajectoire relie plusieurs âges du gaullisme, du libéralisme économique de 1986 au discours de la « fracture sociale » puis à une présidence attachée à l’indépendance diplomatique.[1]

Son parcours politique

Formé à l’ENA, Chirac entre dans les cabinets gaullistes avant de devenir député de Corrèze et ministre. Il fonde le RPR en 1976, conquiert la mairie de Paris en 1977 et dirige le gouvernement pendant la première cohabitation, de 1986 à 1988. Il y conduit des privatisations, déréglemente plusieurs secteurs et durcit les politiques de sécurité et d’immigration.[2][3][11]

Élu président en 1995, il dissout l’Assemblée en 1997 et cohabite ensuite cinq ans avec Lionel Jospin. Réélu face à Jean-Marie Le Pen en 2002, il refuse l’intervention militaire en Irak, soutient le traité constitutionnel européen rejeté en 2005 et quitte l’Élysée en 2007.[1][14]

Ses positions politiques

Économie

Le gouvernement Chirac de 1986 assume une rupture libérale : privatisations, suppression de plusieurs contrôles de prix, assouplissement de règles économiques et développement de l’actionnariat privé.[2][3] Cette orientation contraste avec sa campagne de 1995, centrée sur l’emploi, les inégalités et la « fracture sociale ».[4]

À l’Élysée, il accepte des réformes de retraites, des baisses d’impôts et des ouvertures de capital, sans remettre en cause le socle de la protection sociale ni l’intervention de l’État.[5] Son parcours économique est donc moins doctrinal que celui d’Alain Madelin et évolue selon les périodes et les coalitions gouvernementales.

Libertés publiques

La loi pour la sécurité intérieure de 2003 a renforcé les pouvoirs de police et créé ou durci plusieurs infractions liées à l’ordre public. Elle illustre le versant sécuritaire de la présidence de Jacques Chirac.[6]

À l’inverse, Jacques Chirac a voulu la création d’une autorité indépendante chargée de combattre les discriminations. Instituée en 2004, la HALDE pouvait être saisie par les victimes et disposait de pouvoirs d’enquête, d’assistance et de médiation.[7][8]

Sur les droits des couples homosexuels, sa position restait intermédiaire. En 2004, il s’opposait à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, tout en demandant une amélioration du PACS afin que leurs droits et devoirs soient reconnus au même titre que ceux des autres couples.[10]

Immigration

Comme Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, Chirac signe en 1976 le décret qui organise le regroupement familial des étrangers régulièrement installés, avec des conditions de ressources et de logement.[9] Dix ans plus tard, son second gouvernement adopte la première loi Pasqua, qui facilite les expulsions et restreint l’accès à la carte de résident.[11][12]

Sous sa présidence, la loi de 2003 renforce les contrôles à l’entrée et au séjour et facilite certaines mesures d’éloignement.[13] Cette trajectoire combine donc reconnaissance d’une immigration familiale régulière, discours d’intégration républicaine et durcissements successifs contre l’immigration irrégulière.

Union européenne

Jacques Chirac vient d’une tradition gaulliste méfiante envers la supranationalité, mais il se rallie au traité de Maastricht en 1992.[14] Président, il accompagne le passage à l’euro et la réforme institutionnelle négociée à Nice, tout en défendant un rôle central pour les États et pour le couple franco-allemand.

En 2005, il choisit le référendum pour ratifier le traité constitutionnel européen et fait campagne pour le oui. Le rejet du texte par les électeurs français constitue l’un des principaux revers de son second mandat.[14][15] Son européisme reste ainsi plus pragmatique que fédéraliste.

Une trajectoire gaulliste changeante

Jacques Chirac a occupé le premier plan politique pendant quatre décennies. Son parcours ne suit pas une doctrine économique parfaitement continue, mais conserve plusieurs constantes : attachement à l’État-nation, recherche d’autonomie diplomatique, priorité donnée à l’ordre public et acceptation d’une construction européenne où les gouvernements gardent un rôle moteur.

Sources et mises à jour
  1. Jacques Chirac — biographie, Élysée. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. Déclaration de politique générale du 9 avril 1986, Vie-publique.fr, publié le 9 avril 1986. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. Déclaration sur les modalités des privatisations, Vie-publique.fr, publié le 28 juillet 1986. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. La France pour tous, Nil éditions, publié le 1er janvier 1994. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. Loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites, Légifrance, publié le 22 août 2003. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. Loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure, Légifrance, publié le 19 mars 2003. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. Loi du 30 décembre 2004 portant création de la HALDE, Légifrance, publié le 31 décembre 2004. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. Rapport sur le projet de loi portant création de la HALDE, Sénat, publié le 3 novembre 2004. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. Décret du 29 avril 1976 relatif à l’entrée des membres des familles d’étrangers, Légifrance, publié le 2 mai 1976. Consulté le 7 septembre 2026.
  10. Entretien télévisé du 14 juillet 2004, Élysée, publié le 14 juillet 2004. Consulté le 7 septembre 2026.
  11. Loi du 9 septembre 1986 relative aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers, Légifrance, publié le 12 septembre 1986. Consulté le 7 septembre 2026.
  12. Chronologie des lois sur l’immigration depuis 1974, Vie-publique.fr. Consulté le 7 septembre 2026.
  13. Loi du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l’immigration, au séjour et à la nationalité, Légifrance, publié le 27 novembre 2003. Consulté le 7 septembre 2026.
  14. François Mitterrand, Jacques Chirac et l’Europe, Toute l’Europe. Consulté le 7 septembre 2026.
  15. Résultats du référendum du 29 mai 2005, Conseil constitutionnel. Consulté le 7 septembre 2026.