Jean-Luc Mélenchon est cofondateur de La France insoumise, mouvement lancé en 2016, et n’exerce plus de mandat parlementaire depuis 2022.[1] Après ses candidatures présidentielles de 2012, 2017 et 2022, il a déclaré le 3 mai 2026 qu’il briguerait de nouveau l’Élysée en 2027.[12][13]
Du Parti socialiste à La France insoumise
Ancien sénateur socialiste et ministre délégué à l’enseignement professionnel entre 2000 et 2002, Jean-Luc Mélenchon a quitté le Parti socialiste en 2008. Il a fondé le Parti de gauche, siégé au Parlement européen de 2009 à 2017, puis représenté les Bouches-du-Rhône à l’Assemblée nationale de 2017 à 2022.[1][14]
En 2022, il a obtenu 21,95 % des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle et terminé troisième, à environ 421 000 voix de Marine Le Pen.[2] Après ce scrutin, LFI a participé à la Nupes puis au Nouveau Front populaire avec les écologistes, les communistes et les socialistes.[5]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : redistribution et planification écologique
Dans L’Avenir en commun, Jean-Luc Mélenchon proposait de porter le smic mensuel net à 1 600 euros, de revaloriser le point d’indice des fonctionnaires et de rétablir une indexation des salaires sur l’inflation. Le programme associait ces mesures au blocage des prix de première nécessité.[4][8]
Sa réforme fiscale comprenait quatorze tranches d’impôt sur le revenu, un impôt sur la fortune renforcé d’un volet climatique et une taxation plus élevée des successions importantes. Les aides publiques aux entreprises devaient être conditionnées à des objectifs sociaux et écologiques.[4][8]
La planification écologique devait orienter les investissements vers la rénovation des logements, le rail, les énergies renouvelables et la transformation agricole. Le programme prévoyait aussi des pôles publics ou des nationalisations dans des secteurs stratégiques.[3][4]
Libertés publiques : droits individuels et contrôle de la police
Son programme proposait de constitutionnaliser le droit à l’interruption volontaire de grossesse avant que la liberté d’y recourir soit inscrite dans la Constitution le 8 mars 2024.[4][15] L’édition 2025 demande désormais de garantir l’accès effectif à l’IVG, notamment par des centres dédiés dans tous les hôpitaux, et défend aussi la fin de vie choisie et la lutte contre les discriminations visant les personnes LGBT.[4][11]
Pour la sécurité, L’Avenir en commun prévoit une police de proximité, davantage de moyens pour la justice et la police judiciaire, et une autorité indépendante chargée d’enquêter sur les forces de l’ordre. Il propose un récépissé de contrôle d’identité et la révision de techniques d’immobilisation et de la doctrine du maintien de l’ordre.[4][11]
Sur les drogues, l’édition 2025 propose de légaliser et d’encadrer par un monopole d’État la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives. Elle associe cette légalisation à la prévention, à la réduction des risques et au redéploiement de moyens vers la lutte contre les trafics.[16]
Immigration : accueil, régularisation et droit d’asile
Le programme actualisé en 2025 propose un premier accueil garantissant l’hébergement des demandeurs d’asile et des procédures plus rapides, avec maintien des garanties de recours. Il prévoit aussi l’accès au travail pendant l’examen de la demande.[9]
Mélenchon défend la régularisation des travailleurs sans papiers et des parents d’enfants scolarisés, le rétablissement du droit du sol intégral et une carte de séjour de dix ans comme titre de référence. Son programme veut faciliter l’accès à la nationalité française selon des critères définis par la loi.[4][9]
Le texte propose de fermer les centres de rétention administrative, sauf pour les personnes représentant une menace avérée, et de mettre fin au placement d’enfants en rétention. Il prévoit des voies légales de circulation, une politique de sauvetage en mer et une coopération internationale orientée vers les causes climatiques, économiques et politiques des départs.[4][9]
Union européenne : négociation et désobéissance aux traités
Depuis 2017, sa stratégie européenne associe un « plan A », destiné à négocier une modification des règles de l’Union, et un « plan B » permettant d’appliquer le programme national malgré les dispositions des traités jugées incompatibles. L’Avenir en commun vise une rupture avec les règles budgétaires et économiques actuelles, sans proposer une sortie de l’Union.[3][10]
Le programme refuse les contraintes du pacte de stabilité, le principe de concurrence appliqué aux services publics et les accords de libre-échange incompatibles avec ses normes sociales ou écologiques. Il demande que la Banque centrale européenne contribue davantage à l’emploi et au financement de la planification écologique.[4][10]
Il propose parallèlement des coopérations européennes sur le climat, l’harmonisation sociale et fiscale, la lutte contre l’évasion fiscale et l’accueil des réfugiés. Le programme du NFP de 2024 reprenait le refus des politiques d’austérité, mais pas l’ensemble du mécanisme de désobéissance prévu par le programme présidentiel de Mélenchon.[5][10]
Une quatrième candidature en 2027
Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature le 3 mai 2026 et ouvert un site de campagne pour recueillir des soutiens.[12][13] Cette déclaration politique devra encore être suivie du recueil des présentations d’élus et de leur validation par le Conseil constitutionnel.
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