Portrait de J-P Chevènement

Responsable politique contemporain

Jean-Pierre Chevènement : parcours et positions politiques

Ancien ministre et candidat à la présidentielle de 2002, Jean-Pierre Chevènement défend une République sociale, un État industriel, une politique d’intégration exigeante et la primauté de la souveraineté nationale en Europe.

Repère
Ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur
Cadre politique
France · gauche républicaine · ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie-3Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Dans sa campagne de 2002, Chevènement défendait une politique industrielle nationale et la maîtrise publique des secteurs stratégiques.

    ProgrammeSource 2
  • Il proposait une relance coordonnée de la croissance, des services publics renforcés et une action de l’État en faveur de l’emploi.

    ProgrammeSource 2
  • Il contestait la priorité donnée à la seule stabilité monétaire et plaidait pour que la politique de change serve la croissance et l’industrie.

    DéclarationSources 23
Libertés publiques1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Comme ministre de l’Intérieur, il a lancé la police de proximité, fondée sur une présence territoriale stable, la prévention et le contact avec la population.

    Action gouvernementaleSource 4
  • En 2001, il refusait l’abrogation globale de la loi renforçant la présomption d’innocence, tout en demandant la révision de certaines de ses procédures.

    DéclarationSources 56
  • Il s’est opposé à la légalisation du cannabis, qu’il jugeait incompatible avec une politique de prévention des dépendances.

    DéclarationSource 7
Immigration-1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • La loi du 11 mai 1998 portée lorsqu’il était ministre de l’Intérieur a créé un titre de séjour pour certaines attaches privées et familiales et renforcé le droit d’asile.

    LoiSource 8
  • Cette loi a aussi maintenu des instruments d’éloignement et organisé plus strictement l’entrée et le séjour.

    LoiSource 8
  • Chevènement défend une immigration maîtrisée, associée à l’intégration civique, à l’apprentissage du français et à l’égalité des droits des résidents réguliers.

    DéclarationSources 29
Union européenne-4Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • En 1992, Chevènement a mené campagne pour le non au traité de Maastricht.

    DéclarationSource 10
  • Il a appelé à voter non au traité constitutionnel européen en 2005.

    DéclarationSource 11
  • Il défend une coopération européenne conduite par les nations et refuse qu’une autorité fédérale se substitue à leur souveraineté démocratique.

    DéclarationSources 211

Jean-Pierre Chevènement a été ministre de la Recherche et de l’Industrie, de l’Éducation nationale, de la Défense puis de l’Intérieur. Cofondateur du Parti socialiste au début des années 1970, il a ensuite créé le Mouvement des citoyens et s’est présenté à l’élection présidentielle de 2002.[1]

Son parcours politique

Chef de file du courant CERES au Parti socialiste, il a défendu l’union de la gauche, la planification et la souveraineté nationale. Ses désaccords avec les orientations gouvernementales ont provoqué plusieurs démissions : en 1983 sur la politique économique, en 1991 pendant la guerre du Golfe et en 2000 sur le projet d’autonomie corse.

Ministre de l’Intérieur de 1997 à 2000, il a porté la loi sur l’entrée et le séjour des étrangers et lancé la police de proximité.[4][8] Sa candidature de 2002 rassemblait des soutiens venus de la gauche et du gaullisme autour d’un discours républicain, social et souverainiste.[2]

Ses positions politiques

Économie

Chevènement défend un État capable d’orienter le crédit, l’investissement, l’énergie et la politique industrielle. Lors de sa campagne de 2002, il proposait de renforcer les services publics, de soutenir la recherche et de réindustrialiser le pays plutôt que de laisser l’allocation du capital au seul marché.[2]

Il critique les politiques monétaires centrées exclusivement sur la stabilité des prix et souhaite que le taux de change serve l’emploi et la production.[2][3] Sa ligne reste favorable à la propriété privée et à l’économie mixte, mais donne à la puissance publique un rôle directeur dans les secteurs stratégiques.

Libertés publiques

À l’Intérieur, Chevènement a lancé une police de proximité visant à prévenir la délinquance, connaître les quartiers et établir un contact régulier entre policiers et habitants.[4] Cette doctrine associait prévention et répression et ne réduisait pas les compétences de police.

En 2001, il refusait d’abroger entièrement la loi sur la présomption d’innocence, dont il reconnaissait les garanties, mais demandait d’en corriger certaines procédures qu’il jugeait trop contraignantes pour les enquêtes.[5][6] Il adopte par ailleurs une ligne restrictive sur les drogues et s’oppose à la légalisation du cannabis.[7]

Immigration

La loi RESEDA de 1998, portée lorsqu’il était ministre, a réformé l’entrée et le séjour, créé des possibilités de régularisation liées à la vie privée et familiale et modifié le droit d’asile.[8] Elle combinait garanties de séjour pour des étrangers durablement installés et maintien de procédures d’éloignement.

Chevènement défend une immigration maîtrisée et une intégration civique forte : langue française, laïcité, égalité entre les femmes et les hommes et adhésion aux règles communes.[2][9] Cette conception refuse à la fois la fermeture générale et une organisation durable de communautés séparées.

Union européenne

Son opposition au traité de Maastricht a structuré sa rupture avec le Parti socialiste. Il conteste une monnaie unique et des règles budgétaires qui ne seraient pas subordonnées à une décision démocratique nationale.[1][10]

En 2005, il a appelé à rejeter le traité constitutionnel européen.[11] Il accepte des coopérations européennes, notamment industrielles et diplomatiques, mais les conçoit comme des décisions des nations et non comme la construction d’un État fédéral.[2]

Une référence de la gauche souverainiste

Jean-Pierre Chevènement a durablement associé souveraineté nationale, intervention économique et exigence républicaine. Son influence se retrouve dans des courants de gauche comme de droite qui contestent le transfert de décisions économiques et politiques à des institutions supranationales.

Sources et mises à jour
  1. Jean-Pierre Chevènement — ancien sénateur du Territoire de Belfort, Sénat. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. Discours de candidature à l’élection présidentielle de 2002, Vie-publique.fr, publié le 9 septembre 2001. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. La République, l’identité et la souveraineté de la France, Le Débat. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. Déclarations sur la politique de sécurité de proximité, Vie-publique.fr, publié le 19 janvier 1998. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. Tribune sur la loi relative à la présomption d’innocence, Vie-publique.fr, publié le 1er novembre 2001. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. Loi du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes, Légifrance, publié le 16 juin 2000. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. La légalisation contrôlée du cannabis serait un signal désastreux, Blog de Jean-Pierre Chevènement, publié le 15 juin 2011. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. Loi du 11 mai 1998 relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France et au droit d’asile, Légifrance, publié le 12 mai 1998. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. Faire connaître, comprendre et respecter les valeurs et symboles de la République, La Documentation française, publié le 1er avril 2009. Consulté le 7 septembre 2026.
  10. Interview sur l’opposition au traité de Maastricht, Vie-publique.fr, publié le 15 juillet 1992. Consulté le 7 septembre 2026.
  11. Pour l’Europe, votez non !, Fondation Res Publica, publié le 1er mai 2005. Consulté le 7 septembre 2026.