Jordan Bardella préside le Rassemblement national depuis novembre 2022. Élu député européen en 2019, il a conduit la liste du RN aux élections européennes de 2019 puis de 2024. Cette dernière est arrivée en tête en France avec 31,37 % des suffrages exprimés.[1][5]
Son parcours politique
Entré au Front national à l’adolescence, Bardella a exercé des responsabilités croissantes dans l’organisation de jeunesse puis dans la direction du parti. Son ascension repose principalement sur ses campagnes européennes et sur sa présence médiatique ; il n’a pas exercé de fonction gouvernementale nationale.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, il a été présenté par le RN comme candidat au poste de Premier ministre. Il a alors exposé les priorités d’un éventuel gouvernement : pouvoir d’achat, sécurité et immigration.[3][6] Les législatives n’ayant pas donné de majorité au RN, ces mesures sont restées des propositions.
Ses positions politiques
Économie
Le programme législatif du RN présenté par Jordan Bardella en 2024 associait baisses ciblées de prélèvements et intervention protectrice de l’État. Il proposait notamment une baisse de la TVA sur l’énergie, une exonération de cotisations patronales pour certaines augmentations salariales et la suppression de plusieurs impôts de production.[3]
La liste qu’il conduisait aux européennes défendait en parallèle une préférence européenne dans la commande publique, la protection de secteurs stratégiques et un moratoire sur de nouveaux accords de libre-échange.[2][4] Cette ligne ne correspond donc pas à un libéralisme économique intégral : elle combine allègements fiscaux et protectionnisme.
Libertés publiques
Le programme législatif de 2024 mettait l’accent sur l’autorité pénale. Il proposait de rétablir des peines planchers pour la récidive, de durcir la réponse judiciaire applicable aux mineurs et de limiter certains aménagements de peine.[3] Ces mesures étendraient la contrainte pénale et réduiraient la marge d’individualisation des juges.
Dans le programme européen, la sécurité est traitée par la coopération policière, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.[2] Les documents de campagne attribuent ces propositions au RN ou à la liste conduite par Bardella ; ils ne constituent pas un bilan législatif personnel.
Immigration
La restriction de l’immigration occupe une place centrale dans sa ligne politique. En 2024, le RN proposait de supprimer l’automaticité du droit du sol, de faciliter les expulsions et de conditionner certaines prestations sociales à plusieurs années de travail en France.[3]
Pour l’Union européenne, la liste Bardella demandait un renforcement des frontières extérieures et la restitution aux États d’une large maîtrise des admissions et du séjour.[2][4] Elle défendait aussi la priorité nationale dans plusieurs domaines, mesure qui supposerait des changements constitutionnels et européens.
Union européenne
Jordan Bardella ne propose plus la sortie de l’Union ou de l’euro. Sa ligne consiste à transformer l’Union en une « Europe des nations », à réduire les compétences de la Commission et à rendre davantage de décisions aux gouvernements nationaux.[2]
La liste de 2024 rejetait de nouveaux élargissements et une défense supranationale, tout en acceptant des coopérations européennes dans des domaines choisis.[2][4] Cette orientation distingue la coopération entre États de l’intégration qui donne un pouvoir autonome aux institutions européennes.
Une ascension fondée sur le parti et les élections européennes
Jordan Bardella a construit sa notoriété par la direction du RN, deux campagnes européennes et les élections législatives de 2024. Il n’a exercé ni ministère ni responsabilité exécutive nationale ; son action politique relève jusqu’ici de la représentation parlementaire, de la conduite électorale et de la direction partisane.[1][3]
