Marie-France Garaud a occupé une place singulière dans la droite française : magistrate à la Cour des comptes, conseillère influente de Georges Pompidou puis de Jacques Chirac, elle a ensuite rompu avec ce dernier et présenté sa propre candidature à l’élection présidentielle de 1981.[1][7]
Son parcours politique
Après avoir travaillé auprès du garde des Sceaux Jean Foyer, elle rejoint l’entourage de Georges Pompidou avec Pierre Juillet. Tous deux participent ensuite à l’ascension de Jacques Chirac et à la formation du RPR. Garaud s’en éloigne à la fin des années 1970, estimant que sa ligne politique ne défend plus assez clairement l’indépendance nationale.[1][7]
Candidate en 1981, elle obtient 1,33 % des suffrages exprimés. Elle fonde l’Institut international de géopolitique en 1982 et consacre une part croissante de son activité à la critique de l’intégration européenne. Élue députée européenne en 1999 sur la liste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, elle siège jusqu’en 2004.[3][4]
Ses positions politiques
Économie
Son discours économique ne se confondait ni avec le programme de nationalisations de la gauche en 1981 ni avec un libéralisme de retrait complet de l’État. Sa profession de foi insistait sur l’indépendance économique, la capacité industrielle et le rôle de l’État dans la définition des priorités nationales.[2][3]
Cette approche était cohérente avec son souverainisme : monnaie, commerce et secteurs stratégiques devaient demeurer soumis à une décision politique nationale. Son opposition à Maastricht portait ainsi autant sur les compétences économiques transférées que sur la forme institutionnelle de l’Union.[5]
Libertés publiques
Dans sa profession de foi de 1981, Marie-France Garaud dénonçait une technocratie plaçant le citoyen à la merci d’une puissance publique anonyme, arbitraire et menaçante. Elle demandait une administration respectueuse de la dignité de chaque administré et de chaque contribuable.[3]
Elle estimait que la justice et la police devaient assurer la sécurité sans menacer la liberté. Elle accusait parallèlement le pouvoir d’exercer une censure indirecte sur une grande partie de l’information.[3]
Sur le plan sociétal, elle défendait la pleine participation des femmes à la vie professionnelle et publique ainsi que la suppression des inégalités dont elles étaient victimes. Elle associait cette revendication à une conception traditionnelle de la famille, dont elle voulait renforcer l’unité, la solidarité et la fonction éducative.[3]
Immigration
Dans sa campagne de 1981, Marie-France Garaud associait la politique migratoire à la cohésion nationale, à l’emploi et aux capacités d’intégration. Elle défendait une maîtrise publique des entrées plutôt qu’une ouverture générale.[2][3]
Le sujet occupait une place moins structurante dans ses ouvrages ultérieurs que la souveraineté et la géopolitique. Il serait donc excessif de lui attribuer rétrospectivement les programmes détaillés portés plus tard par d’autres familles souverainistes.
Union européenne
L’opposition à une Europe fédérale constitue sa position la plus constante. Dans Maastricht, pourquoi non, elle soutient que la souveraineté suppose pour l’État de ne pas être soumis à une autorité politique supérieure dans ses choix essentiels.[5]
Elle préférait une coopération entre nations conservant leurs compétences à une Union dotée d’un pouvoir propre. Son élection au Parlement européen en 1999 s’inscrit dans cette continuité : elle y siège au sein de l’Union pour l’Europe des nations, groupe souverainiste.[4]
Son héritage politique
Marie-France Garaud a contribué à faire vivre une tradition souverainiste issue du gaullisme mais critique envers ses héritiers partisans. Son influence tient moins à ses résultats électoraux qu’à son rôle de conseillère, à ses interventions dans le débat sur Maastricht et à une conception exigeante, parfois très verticale, de l’État et de l’indépendance nationale.[5][7]
