Portrait de M-F Garaud

Responsable politique historique

Marie-France Garaud : parcours et positions politiques

Conseillère de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, candidate en 1981 puis députée européenne, Marie-France Garaud a fait de la souveraineté nationale le fil de son engagement.

Période
1934–2024
Cadre politique
France · gaullisme et souverainisme · candidate à la présidentielle de 1981
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie1Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Lors de la présidentielle de 1981, elle défendait une politique industrielle conduite par l’État et la maîtrise nationale des secteurs stratégiques.

    ProgrammeSources 23
  • Elle refusait aussi bien la collectivisation socialiste que l’effacement de l’État devant les seuls mécanismes du marché.

    DéclarationSource 3
  • Sa doctrine souverainiste subordonnait les choix monétaires et économiques à la capacité de décision nationale.

    ŒuvreSource 5
Libertés publiques-2Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Elle dénonçait la censure indirecte exercée par le pouvoir sur une grande partie de l’information.

    ProgrammeSource 3
  • Elle demandait que l’administration respecte la dignité des citoyens et que la police et la justice assurent la sécurité sans menacer la liberté.

    ProgrammeSource 3
  • Elle défendait la pleine participation des femmes à la vie du pays et la suppression des inégalités, tout en affirmant une conception traditionnelle de la famille.

    ProgrammeSource 3
Immigration-5Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Sa profession de foi de 1981 liait l’accueil des étrangers aux capacités d’intégration et à la maîtrise des entrées.

    ProgrammeSource 3
  • Elle plaçait la cohésion nationale et l’exercice de la souveraineté au-dessus d’un droit général à l’installation.

    DéclarationSources 23
  • Son approche distinguait la coopération avec les États étrangers de la libre circulation sans contrôle politique national.

    ŒuvreSource 5
Union européenne-8Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Elle a fait campagne pour le non au traité de Maastricht en 1992.

    DéclarationSource 5
  • Elle défendait une coopération entre États souverains et rejetait la transformation de la Communauté en pouvoir fédéral.

    ŒuvreSource 5
  • Élue au Parlement européen en 1999 sur la liste Pasqua-de Villiers, elle a siégé dans un groupe attaché à l’Europe des nations.

    Bilan politiqueSource 4

Marie-France Garaud a occupé une place singulière dans la droite française : magistrate à la Cour des comptes, conseillère influente de Georges Pompidou puis de Jacques Chirac, elle a ensuite rompu avec ce dernier et présenté sa propre candidature à l’élection présidentielle de 1981.[1][7]

Son parcours politique

Après avoir travaillé auprès du garde des Sceaux Jean Foyer, elle rejoint l’entourage de Georges Pompidou avec Pierre Juillet. Tous deux participent ensuite à l’ascension de Jacques Chirac et à la formation du RPR. Garaud s’en éloigne à la fin des années 1970, estimant que sa ligne politique ne défend plus assez clairement l’indépendance nationale.[1][7]

Candidate en 1981, elle obtient 1,33 % des suffrages exprimés. Elle fonde l’Institut international de géopolitique en 1982 et consacre une part croissante de son activité à la critique de l’intégration européenne. Élue députée européenne en 1999 sur la liste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, elle siège jusqu’en 2004.[3][4]

Ses positions politiques

Économie

Son discours économique ne se confondait ni avec le programme de nationalisations de la gauche en 1981 ni avec un libéralisme de retrait complet de l’État. Sa profession de foi insistait sur l’indépendance économique, la capacité industrielle et le rôle de l’État dans la définition des priorités nationales.[2][3]

Cette approche était cohérente avec son souverainisme : monnaie, commerce et secteurs stratégiques devaient demeurer soumis à une décision politique nationale. Son opposition à Maastricht portait ainsi autant sur les compétences économiques transférées que sur la forme institutionnelle de l’Union.[5]

Libertés publiques

Dans sa profession de foi de 1981, Marie-France Garaud dénonçait une technocratie plaçant le citoyen à la merci d’une puissance publique anonyme, arbitraire et menaçante. Elle demandait une administration respectueuse de la dignité de chaque administré et de chaque contribuable.[3]

Elle estimait que la justice et la police devaient assurer la sécurité sans menacer la liberté. Elle accusait parallèlement le pouvoir d’exercer une censure indirecte sur une grande partie de l’information.[3]

Sur le plan sociétal, elle défendait la pleine participation des femmes à la vie professionnelle et publique ainsi que la suppression des inégalités dont elles étaient victimes. Elle associait cette revendication à une conception traditionnelle de la famille, dont elle voulait renforcer l’unité, la solidarité et la fonction éducative.[3]

Immigration

Dans sa campagne de 1981, Marie-France Garaud associait la politique migratoire à la cohésion nationale, à l’emploi et aux capacités d’intégration. Elle défendait une maîtrise publique des entrées plutôt qu’une ouverture générale.[2][3]

Le sujet occupait une place moins structurante dans ses ouvrages ultérieurs que la souveraineté et la géopolitique. Il serait donc excessif de lui attribuer rétrospectivement les programmes détaillés portés plus tard par d’autres familles souverainistes.

Union européenne

L’opposition à une Europe fédérale constitue sa position la plus constante. Dans Maastricht, pourquoi non, elle soutient que la souveraineté suppose pour l’État de ne pas être soumis à une autorité politique supérieure dans ses choix essentiels.[5]

Elle préférait une coopération entre nations conservant leurs compétences à une Union dotée d’un pouvoir propre. Son élection au Parlement européen en 1999 s’inscrit dans cette continuité : elle y siège au sein de l’Union pour l’Europe des nations, groupe souverainiste.[4]

Son héritage politique

Marie-France Garaud a contribué à faire vivre une tradition souverainiste issue du gaullisme mais critique envers ses héritiers partisans. Son influence tient moins à ses résultats électoraux qu’à son rôle de conseillère, à ses interventions dans le débat sur Maastricht et à une conception exigeante, parfois très verticale, de l’État et de l’indépendance nationale.[5][7]

Sources et mises à jour
  1. Marie-France Garaud, ancienne conseillère de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, est morte, Le Monde, publié le 23 mai 2024. Consulté le 6 septembre 2026.
  2. Interview de Marie-France Garaud, candidate à l’élection présidentielle, Vie-publique.fr, publié le 1er avril 1981. Consulté le 6 septembre 2026.
  3. Marie-France Garaud — profession de foi, présidentielle 1981, Archives électorales du CEVIPOF, Sciences Po, publié le 1er avril 1981. Consulté le 6 septembre 2026.
  4. Marie-France Garaud — 5e législature, Parlement européen. Consulté le 6 septembre 2026.
  5. Maastricht, pourquoi non, Plon, publié le 1er janvier 1992. Consulté le 6 septembre 2026.
  6. Marie-France Garaud : une volonté pour la France, Histoire@Politique. Consulté le 6 septembre 2026.