Marine Le Pen est députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais et présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale.[1][2] Candidate aux présidentielles de 2012, 2017 et 2022, elle a atteint le second tour en 2017 et 2022.[3][4][5] Elle a déclaré sa candidature pour 2027 le 7 juillet 2026.[12]
Marine Le Pen défend une ligne fondée sur la priorité nationale, la réduction de l’immigration, le renforcement des politiques de sécurité et une « Europe des nations ».[6][8][9]
Du Front national au Rassemblement national
Avocate de formation, Marine Le Pen a siégé au Parlement européen avant d’être élue députée du Pas-de-Calais en 2017.[1][14] Elle a dirigé le Front national, devenu Rassemblement national en 2018, de 2011 à 2021.[15]
Sa première candidature présidentielle, en 2012, s’est achevée au premier tour avec 17,9 % des suffrages exprimés.[3] En 2017, elle s’est qualifiée pour le second tour et a obtenu 33,9 % des suffrages face à Emmanuel Macron.[4] Elle l’a de nouveau affronté en 2022, obtenant 41,45 % des suffrages exprimés.[5]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : protectionnisme, pouvoir d’achat et baisses d’impôts
Son programme économique combine protectionnisme, interventions ciblées de l’État et baisses de prélèvements. Le projet présidentiel de 2022 donnait la priorité aux PME dans les marchés publics et conditionnait certaines subventions à la création d’emplois au titre de l’aménagement du territoire.[6]
Pour le pouvoir d’achat, Marine Le Pen proposait en 2022 de réduire la TVA sur l’énergie et de renationaliser les autoroutes. Son programme prévoyait également des mesures fiscales et des prêts aidés ciblés sur les familles.[6]
Le même projet comportait des baisses d’impôts pour les jeunes actifs et les entreprises. Il associait protection économique et dépenses ciblées à un allègement de la fiscalité.[6] Selon le CEVIPOF, le programme économique du RN s’est déplacé vers la droite depuis 2017, notamment sur les entreprises et la réduction de la dépense publique.[11]
Libertés publiques : sécurité, justice et autorité de l’État
Marine Le Pen fait du renforcement de la police, de la justice pénale et de l’autorité de l’État une priorité. Son programme présidentiel de 2022 liait cette orientation à la lutte contre la délinquance, le trafic de drogue et le terrorisme islamiste.[6]
Pour les forces de l’ordre, ce projet prévoyait une présomption de légitime défense et un renforcement de leurs moyens. En matière pénale, il proposait des peines minimales, la suppression des réductions et aménagements de peine pour les violences contre les personnes, ainsi que la construction de places de prison supplémentaires.[6]
Le programme proposait notamment la fermeture de « mosquées radicales », la dissolution d’organisations islamistes et l’expulsion des étrangers fichés S. Ces mesures relevaient d’une politique de sécurité et de contrôle administratif renforcé.[6]
Le 4 mars 2024, Marine Le Pen a voté en faveur de l’inscription dans la Constitution de la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une IVG.[18] Lors de la campagne de 2022, elle ne proposait pas d’abroger la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.[16]
En octobre 2011, elle s’était prononcée pour la réouverture de maisons closes organisées sous forme de coopératives dirigées par les travailleuses concernées.[17]
Immigration : priorité nationale et réduction des flux
Marine Le Pen défend une réduction de l’immigration légale et illégale et un contrôle plus strict des frontières. Son projet de 2022 voulait inscrire ces orientations dans la Constitution par référendum et faire primer les règles nationales en matière migratoire.[6]
Ce programme proposait de mettre fin au regroupement familial et de traiter les demandes d’asile à l’étranger, avant une éventuelle entrée sur le territoire. Il prévoyait aussi l’expulsion des étrangers condamnés, la suppression du droit du sol et un durcissement des conditions d’accès à la nationalité française.[6]
La priorité nationale constituait un autre volet du projet : elle devait réserver aux Français certains emplois, logements sociaux et prestations. Les mesures étaient présentées comme un moyen de réduire les entrées et de différencier les droits sociaux selon la nationalité.[6]
En mai 2026, le RN défendait toujours l’organisation d’un référendum sur l’immigration. Sa proposition reprenait la priorité nationale, le durcissement de l’accès à la nationalité, la facilitation des expulsions et un contrôle accru des frontières, dans la continuité du programme présidentiel de 2022. Le parti présentait le recours au référendum comme le moyen d’inscrire ces changements dans le droit français.[8]
Union européenne : une Europe des nations
Marine Le Pen ne défend plus une sortie de l’Union européenne ni de l’euro. Ces objectifs, présents dans les campagnes antérieures du Front national, ont été abandonnés après l’élection présidentielle de 2017.[10]
La ligne actuelle consiste à transformer l’Union de l’intérieur autour d’une « Europe des nations ». Elle donne la priorité aux souverainetés nationales et refuse que l’intégration européenne conduise à un État fédéral disposant de compétences toujours plus étendues.[9]
Le programme européen du RN de 2024 proposait une alliance de nations et la restitution de compétences aux États membres. Il défendait aussi un contrôle national renforcé des frontières et contestait les transferts de souveraineté vers les institutions européennes. L’action commune devait, selon ce document, se concentrer sur les domaines où la coopération entre États était jugée nécessaire.[9]
Sur les politiques communes, ce programme demandait de déroger aux règles du marché européen de l’électricité afin que la France fixe ses prix et rejetait le pacte européen sur la migration et l’asile. Il proposait de recentrer Frontex sur l’appui aux États chargés du contrôle de leurs frontières.[9]
Marine Le Pen sera-t-elle candidate en 2027 ?
Elle a déclaré sa candidature le 7 juillet 2026.[12] La liste officielle des candidats sera établie ultérieurement, après la validation des présentations par le Conseil constitutionnel.
La cour d’appel de Paris l’a condamnée pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Elle a prononcé une peine de 45 mois d’inéligibilité, dont 30 avec sursis. En raison de l’exécution provisoire ordonnée en première instance le 31 mars 2025, les quinze mois fermes étaient déjà entièrement exécutés au moment de l’arrêt : Marine Le Pen est donc actuellement éligible. Elle s’est pourvue en cassation ; l’arrêt d’appel n’est pas définitif.[12]
La Cour de cassation a indiqué qu’elle pourrait statuer au plus tard au début d’avril 2027, avant le premier tour. Ce calendrier reste susceptible d’évoluer en fonction des facteurs procéduraux. L’issue du pourvoi demeure donc à suivre.[13]
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