Philippe Poutou est un militant anticapitaliste et ancien ouvrier de l’usine Ford de Blanquefort. Candidat du Nouveau Parti anticapitaliste aux élections présidentielles de 2012, 2017 et 2022, il a annoncé en juin 2026 qu’il ne se présenterait pas en 2027.[4]
De l’usine Ford aux campagnes présidentielles
Ouvrier réparateur de machines-outils, Philippe Poutou a travaillé pendant plus de trente ans dans l’usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux. Délégué de la CGT, il a participé à la mobilisation contre la fermeture du site, devenue effective en 2019.[2]
Le NPA l’a présenté à trois élections présidentielles successives. Il a obtenu 1,15 % des suffrages exprimés en 2012, 1,09 % en 2017 et 0,77 % en 2022.[4][5] Il a également été conseiller municipal de Bordeaux entre 2020 et 2026 et candidat du Nouveau Front populaire dans l’Aude aux élections législatives de 2024.[4]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : propriété collective et partage du travail
Philippe Poutou défend l’expropriation des grands groupes capitalistes et la socialisation des banques, sans indemnisation des principaux actionnaires. Son programme de 2022 proposait un service public bancaire unique, placé sous le contrôle des travailleurs et de la population, afin d’orienter le crédit vers les besoins sociaux et la transition écologique.[1][2]
Il proposait de porter le salaire minimum à 1 800 euros net, d’indexer les salaires et les pensions sur les prix et d’interdire les licenciements. La durée légale du travail devait être ramenée à 32 heures sur quatre jours, sans baisse de salaire.[1][2]
Son projet prévoyait la création d’un million d’emplois dans les services publics et une planification écologique décidée avec les salariés et les habitants. Il défendait la sortie des énergies fossiles et du nucléaire en dix ans, le développement des transports collectifs gratuits et la reconversion des secteurs polluants avec maintien des emplois et des revenus.[1]
Libertés publiques : police, justice et libre disposition de soi
En matière de sécurité, il défend le désarmement de la police, la suppression des brigades anticriminalité et des unités motorisées de répression des manifestations, ainsi que l’abrogation des lois sécuritaires. Il propose un contrôle des forces de l’ordre par la population et la priorité aux politiques sociales et préventives plutôt qu’à l’incarcération.[1][2]
Son programme demandait la légalisation du cannabis et le développement d’alternatives à la prison. Il soutenait aussi l’ouverture de centres d’IVG, l’allongement du délai légal, l’égalité des droits pour les personnes LGBT et le changement libre de l’état civil pour les personnes trans.[1]
Philippe Poutou défend l’extension de la PMA aux personnes trans et le remboursement intégral des parcours de transition. Sur la GPA, il indiquait en 2022 que le NPA y était opposé par principe dans une société où elle risquait de devenir marchande, tout en laissant ouvert le débat sur des situations non commerciales. Il demandait aussi l’abrogation de la pénalisation des clients des travailleurs du sexe, jugée dangereuse pour les personnes concernées, tout en se disant personnellement abolitionniste à plus long terme.[6]
Immigration : liberté de circulation et régularisation
Philippe Poutou défend la liberté de circulation et d’installation. Son programme présidentiel de 2022 proposait de régulariser toutes les personnes sans papiers, de fermer les centres de rétention administrative et de supprimer le délit d’entrée ou de séjour irrégulier.[1][2]
Il veut accorder le droit de vote à tous les résidents étrangers et garantir les mêmes droits au travail, au logement, aux soins et aux prestations sociales quelle que soit la nationalité. Cette égalité de statut est aussi présentée comme un moyen d’empêcher les employeurs de tirer les salaires et les conditions de travail vers le bas.[1]
Le projet du NPA prévoit l’accueil des personnes exilées et le respect intégral du droit d’asile. Il demande l’abrogation des lois migratoires restrictives et refuse l’externalisation du contrôle des frontières vers des pays tiers ou des régimes chargés de retenir les départs vers l’Europe.[1][3]
Union européenne : rupture avec les traités et coopération des peuples
Philippe Poutou rejette les traités européens qui organisent la concurrence, les politiques d’austérité et la liberté de circulation des capitaux. Il ne défend pas le remplacement de ces règles par un repli économique national : son projet vise une rupture coordonnée à l’échelle européenne et la construction d’une « Europe des travailleurs et des peuples ».[1][3]
Cette orientation passe par la socialisation des banques et des secteurs stratégiques, l’harmonisation par le haut des droits sociaux et des salaires et l’annulation des dettes publiques jugées illégitimes. Elle suppose de désobéir aux règles européennes lorsqu’elles font obstacle à ces mesures.[1][3]
Sur la défense, il s’oppose à une armée européenne et demande la sortie de l’OTAN ainsi que le retrait des opérations militaires extérieures de la France. Il privilégie la solidarité internationale entre mouvements sociaux, l’accueil des réfugiés et des coopérations fondées sur les besoins sociaux et écologiques plutôt que sur la puissance militaire ou commerciale.[1][3]
Philippe Poutou ne sera pas candidat en 2027
En juin 2026, Philippe Poutou a annoncé que le NPA–L’Anticapitaliste ne présenterait pas de candidature à l’élection présidentielle de 2027. Il a appelé à un rassemblement derrière Jean-Luc Mélenchon, tout en maintenant les positions propres de son organisation.[4]
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