Raphaël Glucksmann est député européen et coprésident de Place publique.[1][2] Tête de liste commune de Place publique et du Parti socialiste aux européennes de 2019 et 2024, il s’est déclaré candidat en août 2026 dans le cadre de la primaire sociale-démocrate organisée avec le PS pour la présidentielle de 2027.[3][4]
Des essais politiques à Place publique et au Parlement européen
Essayiste et réalisateur de documentaires, Raphaël Glucksmann a travaillé en Géorgie comme conseiller du président Mikheïl Saakachvili. Il a cofondé Place publique en 2018 autour d’un projet social-démocrate, écologiste et européen.[2]
Élu au Parlement européen en 2019, il y siège au sein du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Il a présidé la commission spéciale sur les ingérences étrangères. En 2024, la liste qu’il conduisait a obtenu 13,83 % des suffrages exprimés et treize sièges.[1][3][9]
Ses positions sur les quatre thèmes
Économie : redistribution, salaires et planification industrielle
Dans le cadre de sa candidature, Raphaël Glucksmann a proposé en août 2026 d’augmenter le salaire net des travailleurs en transférant une partie du financement de la protection sociale vers une taxation accrue du 1 % des successions les plus importantes. Il a présenté cette réforme comme un transfert de prélèvements plutôt que comme une dépense supplémentaire.[14]
Glucksmann a soutenu au Parlement européen une initiative internationale de taxation annuelle des grandes fortunes. La liste qu’il conduisait en 2024 proposait aussi un impôt européen sur les patrimoines les plus élevés, un salaire minimum d’au moins 60 % du salaire médian dans chaque État et des droits renforcés pour les travailleurs des plateformes.[5][7][8]
Le programme européen proposait un plan d’investissement commun de 200 milliards d’euros par an pour l’industrie verte, l’énergie, les transports et la rénovation. Il associait cette dépense à un « Buy European Act », à des clauses sociales et climatiques dans les accords commerciaux et à la fin des traités qui ne respectent pas l’accord de Paris.[5]
Libertés publiques : droits individuels, police et information
Son projet soutient l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations, l’accès effectif à l’IVG et les droits des personnes LGBT.[6][11]
En matière de sécurité, Place publique propose une police de proximité, une formation renforcée des agents et un contrôle indépendant des pratiques policières, tout en donnant la priorité à la police judiciaire et à la lutte contre les trafics.[6][11]
Au Parlement européen, Glucksmann a dirigé les travaux consacrés aux ingérences étrangères, qui préconisaient une meilleure transparence des financements politiques, la protection des élections et des sanctions contre les opérations de manipulation.[9] Il a aussi soutenu le règlement européen sur la liberté des médias, qui protège les sources journalistiques et encadre l’usage de logiciels espions contre les journalistes.[10]
Immigration : asile commun, voies légales et intégration
Raphaël Glucksmann a proposé en août 2026 de réunir une convention citoyenne sur l’immigration, puis d’en faire débattre et voter les conclusions par le Parlement. Il associait cette démarche à un débat portant à la fois sur la maîtrise des entrées et sur les conditions d’accueil et d’intégration.[14]
Il propose de développer des voies légales d’immigration de travail selon les besoins identifiés, d’accélérer l’accès des demandeurs d’asile au travail et à l’apprentissage du français, et de régulariser selon des critères transparents des travailleurs présents durablement. Il rattache le contrôle des entrées à l’enregistrement aux frontières extérieures et à une politique européenne commune.[13][14]
Raphaël Glucksmann a voté contre la majorité des dix textes composant le pacte européen sur la migration et l’asile. Il jugeait les procédures aux frontières trop répressives et la solidarité entre États insuffisamment contraignante. Le programme de sa liste défendait un mécanisme obligatoire de répartition, un recours effectif et une opération européenne permanente de recherche et de sauvetage en mer.[5][12][13][17]
Union européenne : souveraineté, défense et soutien à l’Ukraine
En présentant son programme européen en mai 2024, Raphaël Glucksmann a assumé une « avancée fédérale » de la construction européenne, la fin du droit de veto au Conseil et des délégations de souveraineté. Il proposait un budget européen porté à 5 % du PIB, de nouvelles ressources propres et la mutualisation de dettes pour financer de grands projets.[5][18]
Il défend une défense européenne plus intégrée, fondée sur des achats communs, une industrie de l’armement renforcée et des garanties de sécurité durables pour l’Ukraine. Il a voté en juillet 2024 la résolution du Parlement demandant la poursuite du soutien militaire, financier et humanitaire à Kyiv.[5][16]
Sa conception de la souveraineté européenne comprend aussi la réduction des dépendances envers la Chine et la Russie, l’application de sanctions ciblées et la protection du marché européen contre la concurrence subventionnée et le travail forcé. Rapporteur sur les relations avec Taïwan, il a soutenu une coopération industrielle accrue dans les semi-conducteurs sans remettre en cause la politique européenne d’une seule Chine.[5][15]
Une candidature dans le cadre d’une primaire
Raphaël Glucksmann a annoncé le 23 août 2026 sa candidature à l’élection et à la primaire sociale-démocrate organisée avec le Parti socialiste.[4] Sa démarche reste donc soumise à cette procédure de sélection, puis aux règles constitutionnelles de présentation des candidats.
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