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Responsable politique historique

Valéry Giscard d’Estaing : parcours et positions politiques

Président de la République de 1974 à 1981, Valéry Giscard d’Estaing a associé libéralisme économique modéré, réformes des libertés individuelles, maîtrise de l’immigration et approfondissement de la construction européenne.

Période
1926–2020
Cadre politique
France · centre droit libéral · président de la République de 1974 à 1981
Dernière vérification

Positionnement PolitiScore

Son positionnement

Libertés civiles × libertés économiques

Union européenne × immigration

De l’autorité aux libertés civiles horizontalement, et de l’intervention publique à la liberté économique verticalement.

D’une position défavorable à une position favorable à l’Union européenne horizontalement, et d’une position défavorable à une position favorable à l’immigration verticalement.

Coordonnées affichées dans les cadrans :

  • VGE : libertés économiques 4, libertés civiles 3, immigration 3, Union européenne 7. Ouvrir la fiche de VGE

Repères documentés

Ses positions

Des décisions, propositions et prises de position replacées dans leur contexte.

Économie4Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • À partir de 1976, les gouvernements de Raymond Barre ont donné la priorité à la lutte contre l’inflation et au redressement des comptes.

    Action gouvernementaleSources 23
  • La politique économique a engagé une libération progressive des prix industriels et recherché une concurrence accrue.

    Action gouvernementaleSource 3
  • Le septennat a conservé un secteur public important et utilisé l’État pour soutenir l’industrie et amortir les effets des chocs pétroliers.

    Bilan politiqueSources 23
Libertés publiques3Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • La majorité civile et électorale a été abaissée de vingt et un à dix-huit ans en 1974.

    LoiSource 4
  • La loi portée par Simone Veil a autorisé l’interruption volontaire de grossesse sous conditions en 1975.

    LoiSource 5
  • La réforme du divorce de 1975 a introduit le divorce par consentement mutuel.

    LoiSource 6
Immigration3Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Le gouvernement a suspendu en juillet 1974 l’entrée de nouveaux travailleurs immigrés permanents.

    Action gouvernementaleSource 7
  • Le décret de 1976 a organisé, sous conditions de ressources et de logement, l’entrée des familles d’étrangers résidant régulièrement en France.

    Action gouvernementaleSource 8
  • À partir de 1977, une aide financière au retour a été proposée aux travailleurs étrangers quittant définitivement la France.

    Action gouvernementaleSource 9
Union européenne7Voir 3 élémentsMasquer les éléments
  • Giscard d’Estaing a contribué à institutionnaliser les réunions régulières des chefs d’État et de gouvernement sous le nom de Conseil européen.

    Action gouvernementaleSources 1011
  • Il a soutenu l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, organisée pour la première fois en 1979.

    Action gouvernementaleSources 1011
  • Avec Helmut Schmidt, il a porté la création du Système monétaire européen, entré en vigueur en 1979.

    Action gouvernementaleSources 1011

Né en 1926 à Coblence et mort en 2020 à Authon, Valéry Giscard d’Estaing a été ministre des Finances puis président de la République de 1974 à 1981. Il entendait faire évoluer la droite française vers une « société libérale avancée », moderniser les mœurs et accélérer la construction européenne.[1][2]

Son parcours politique

Inspecteur des finances, député du Puy-de-Dôme et fondateur des Républicains indépendants, il occupe à plusieurs reprises le ministère des Finances sous Charles de Gaulle et Georges Pompidou. Élu président face à François Mitterrand en 1974, il nomme d’abord Jacques Chirac puis Raymond Barre à Matignon.[1]

Son septennat commence par des réformes sociétales rapides, puis se déroule dans le contexte économique difficile des deux chocs pétroliers. Après sa défaite en 1981, il poursuit une carrière parlementaire française et européenne. Il préside entre 2002 et 2003 la Convention qui élabore le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe.[2]

Ses positions politiques

Économie

Giscard d’Estaing défend une économie de marché régulée et se méfie d’une planification trop contraignante. À partir de 1976, Raymond Barre donne la priorité à la lutte contre l’inflation, à la modération des revenus et au rétablissement des équilibres extérieurs. Le gouvernement libère progressivement certains prix industriels afin de renforcer la concurrence.[2][3]

Cette inflexion ne réduit pas l’État à ses fonctions régaliennes. Les entreprises publiques et les politiques industrielles conservent une place importante, tandis que les gouvernements interviennent pour soutenir l’emploi et des secteurs touchés par la crise. Son libéralisme économique demeure ainsi plus modéré que celui des programmes de privatisation des années 1980.

Libertés publiques

Le début de sa présidence étend plusieurs libertés individuelles. L’abaissement de la majorité à dix-huit ans donne plus tôt aux jeunes la pleine capacité civile et le droit de vote.[4] La loi Veil autorise l’IVG dans un cadre légal, malgré une forte opposition au sein de la majorité parlementaire.[5]

La réforme du divorce introduit le consentement mutuel et réduit la nécessité d’établir une faute pour mettre fin au mariage.[6] Ces trois mesures portent directement sur l’autonomie personnelle et familiale.

Immigration

Le septennat marque la fin de la politique d’appel massif à la main-d’œuvre étrangère. En juillet 1974, le gouvernement suspend l’entrée de nouveaux travailleurs permanents dans un contexte de ralentissement économique et de hausse du chômage.[7]

La politique n’est toutefois pas une fermeture complète. Le décret de 1976 organise l’admission des familles de résidents étrangers, sous conditions de durée de séjour, de ressources et de logement.[8] À partir de 1977, une prime encourage parallèlement le retour volontaire et définitif dans le pays d’origine.[9]

Union européenne

Avec le chancelier Helmut Schmidt, Giscard d’Estaing donne une impulsion politique durable à la Communauté européenne. Les sommets réguliers des dirigeants deviennent le Conseil européen, tandis que l’élection directe du Parlement européen renforce la légitimité de l’assemblée communautaire.[10][11]

Le Système monétaire européen stabilise les taux de change et prépare les coopérations qui conduiront plus tard à la monnaie unique.[10] Après l’Élysée, Giscard poursuit cet engagement jusqu’à la Convention sur l’avenir de l’Europe : il accepte le rôle des États, mais veut leur donner des institutions communes capables de décider.

Un libéralisme modernisateur et européen

Valéry Giscard d’Estaing a déplacé la droite de gouvernement vers davantage de libertés personnelles et vers un engagement européen plus affirmé. Son bilan économique reste mixte : ouverture à la concurrence, lutte contre l’inflation et maintien d’importants instruments d’intervention publique.

Sources et mises à jour
  1. Valéry Giscard d’Estaing — biographie, Élysée. Consulté le 7 septembre 2026.
  2. Valéry Giscard d’Estaing, Parlement européen — Service de recherche, publié le 1er février 2021. Consulté le 7 septembre 2026.
  3. Débats économiques et politique des prix en 1978, Assemblée nationale — archives, publié le 10 novembre 1978. Consulté le 7 septembre 2026.
  4. Loi du 5 juillet 1974 fixant à dix-huit ans l’âge de la majorité, Légifrance, publié le 7 juillet 1974. Consulté le 7 septembre 2026.
  5. Loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de grossesse, Légifrance, publié le 18 janvier 1975. Consulté le 7 septembre 2026.
  6. Loi du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce, Légifrance, publié le 12 juillet 1975. Consulté le 7 septembre 2026.
  7. Juillet 1974 : suspension des entrées de travailleurs immigrés permanents, Musée national de l’histoire de l’immigration. Consulté le 7 septembre 2026.
  8. Décret du 29 avril 1976 relatif à l’entrée des membres des familles d’étrangers, Légifrance, publié le 2 mai 1976. Consulté le 7 septembre 2026.
  9. La politique de l’immigration en France depuis 1945, Musée national de l’histoire de l’immigration. Consulté le 7 septembre 2026.
  10. Valéry Giscard d’Estaing, rêveur d’Europe, Toute l’Europe, publié le 2 décembre 2020. Consulté le 7 septembre 2026.
  11. L’engagement européen, Institut Valéry Giscard d’Estaing. Consulté le 7 septembre 2026.