Né en 1926 à Coblence et mort en 2020 à Authon, Valéry Giscard d’Estaing a été ministre des Finances puis président de la République de 1974 à 1981. Il entendait faire évoluer la droite française vers une « société libérale avancée », moderniser les mœurs et accélérer la construction européenne.[1][2]
Son parcours politique
Inspecteur des finances, député du Puy-de-Dôme et fondateur des Républicains indépendants, il occupe à plusieurs reprises le ministère des Finances sous Charles de Gaulle et Georges Pompidou. Élu président face à François Mitterrand en 1974, il nomme d’abord Jacques Chirac puis Raymond Barre à Matignon.[1]
Son septennat commence par des réformes sociétales rapides, puis se déroule dans le contexte économique difficile des deux chocs pétroliers. Après sa défaite en 1981, il poursuit une carrière parlementaire française et européenne. Il préside entre 2002 et 2003 la Convention qui élabore le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe.[2]
Ses positions politiques
Économie
Giscard d’Estaing défend une économie de marché régulée et se méfie d’une planification trop contraignante. À partir de 1976, Raymond Barre donne la priorité à la lutte contre l’inflation, à la modération des revenus et au rétablissement des équilibres extérieurs. Le gouvernement libère progressivement certains prix industriels afin de renforcer la concurrence.[2][3]
Cette inflexion ne réduit pas l’État à ses fonctions régaliennes. Les entreprises publiques et les politiques industrielles conservent une place importante, tandis que les gouvernements interviennent pour soutenir l’emploi et des secteurs touchés par la crise. Son libéralisme économique demeure ainsi plus modéré que celui des programmes de privatisation des années 1980.
Libertés publiques
Le début de sa présidence étend plusieurs libertés individuelles. L’abaissement de la majorité à dix-huit ans donne plus tôt aux jeunes la pleine capacité civile et le droit de vote.[4] La loi Veil autorise l’IVG dans un cadre légal, malgré une forte opposition au sein de la majorité parlementaire.[5]
La réforme du divorce introduit le consentement mutuel et réduit la nécessité d’établir une faute pour mettre fin au mariage.[6] Ces trois mesures portent directement sur l’autonomie personnelle et familiale.
Immigration
Le septennat marque la fin de la politique d’appel massif à la main-d’œuvre étrangère. En juillet 1974, le gouvernement suspend l’entrée de nouveaux travailleurs permanents dans un contexte de ralentissement économique et de hausse du chômage.[7]
La politique n’est toutefois pas une fermeture complète. Le décret de 1976 organise l’admission des familles de résidents étrangers, sous conditions de durée de séjour, de ressources et de logement.[8] À partir de 1977, une prime encourage parallèlement le retour volontaire et définitif dans le pays d’origine.[9]
Union européenne
Avec le chancelier Helmut Schmidt, Giscard d’Estaing donne une impulsion politique durable à la Communauté européenne. Les sommets réguliers des dirigeants deviennent le Conseil européen, tandis que l’élection directe du Parlement européen renforce la légitimité de l’assemblée communautaire.[10][11]
Le Système monétaire européen stabilise les taux de change et prépare les coopérations qui conduiront plus tard à la monnaie unique.[10] Après l’Élysée, Giscard poursuit cet engagement jusqu’à la Convention sur l’avenir de l’Europe : il accepte le rôle des États, mais veut leur donner des institutions communes capables de décider.
Un libéralisme modernisateur et européen
Valéry Giscard d’Estaing a déplacé la droite de gouvernement vers davantage de libertés personnelles et vers un engagement européen plus affirmé. Son bilan économique reste mixte : ouverture à la concurrence, lutte contre l’inflation et maintien d’importants instruments d’intervention publique.
